Investir dans le vin : comment fonctionne le marché des grands crus ?
Le vin est-il un vrai placement ou simplement une passion ? Valentin Grinon, chef sommelier à Villa La Coste et ancien dénicheur de bouteilles rares pour collectionneurs, explique comment fonctionne le marché des grands crus : les appellations et les millésimes à regarder, le budget pour commencer, le stockage, la contrefaçon et la revente.
Le vin est-il un vrai placement ou simplement une passion ? Valentin Grinon, chef sommelier à Villa La Coste et ancien dénicheur de bouteilles rares pour collectionneurs, explique comment fonctionne le marché des grands crus : les appellations et les millésimes à regarder, le budget pour commencer, le stockage, la contrefaçon et la revente.
Au programme de cet épisode
- Le vin : investissement patrimonial ou spéculation ?
- Les grandes appellations, valeurs sûres du marché
- Millésime : comment reconnaître une grande année
- À partir de quel budget commencer
- Les seconds vins des grands crus de Bordeaux
- Stocker ses bouteilles : cave, entrepôt agréé, assurance
- Contrefaçon et revente : les pièges à connaître
Les moments clés de l'épisode
- 2:27Valentin Grinon, chef sommelier à Villa La Coste
- 2:48Le métier de chef sommelier dans un palace
- 6:06Une bouteille à 60 000 euros : ce que vaut vraiment un grand vin
- 8:41Investissement patrimonial ou spéculation
- 10:12Pourquoi les vignerons n'augmentent pas leurs prix
- 12:31Hausses de prix et marché gris : quand la clientèle ne suit plus
- 14:36Sourcer des vins rares pour des collectionneurs
- 16:04Première étape : se renseigner et s'y intéresser
- 17:10Ne pas suivre les modes : les grandes appellations
- 19:29Qu'est-ce qu'un millésime ?
- 21:37Reconnaître une bonne année : tanins, acidité, alcool
- 25:06Les grands millésimes et les notes des critiques
- 28:40À partir de quel budget investir dans le vin
- 30:40Les seconds vins des grands crus de Bordeaux
- 32:13Où acheter : conservation et authenticité
- 33:41Stocker chez un professionnel : conditions, assurance, coût
- 35:17Le vol de caves, un risque réel
- 37:19Cave de service ou cave de conservation
- 39:21La contrefaçon et l'affaire Rudy Kurniawan
- 42:27Revendre ses bouteilles : délais et options
« L'investissement dans le vin, moi je le vois vraiment comme un investissement patrimonial, pas comme de la spéculation. »Valentin Grinon, Chef sommelier à Villa La Coste
« Si on entend quelqu'un parler sur Instagram de quelque chose, c'est que c'est souvent déjà trop tard pour l'investissement, entre guillemets. »Valentin Grinon, Chef sommelier à Villa La Coste
« Les meilleurs millésimes d'investissement patrimonial sont pas spécialement les millésimes que tu préféreras boire. »Valentin Grinon, Chef sommelier à Villa La Coste
« Si on est pressé, on perd de l'argent. »Valentin Grinon, Chef sommelier à Villa La Coste
Les questions qu'on pose le plus souvent
Les questions que Valentin Grinon entend le plus, et les réponses données dans l'épisode.
Le vin est-il un vrai placement ou une passion ?
Les deux. Valentin Grinon le voit comme un investissement patrimonial, pas comme de la spéculation où l'on achète pour revendre aussitôt. C'est un placement de passion, tangible, donc moins liquide qu'un placement financier, et il le range dans la diversification, au même titre que les montres, les voitures ou l'art.
À partir de quel budget peut-on investir dans le vin ?
Tout dépend du patrimoine à côté. Avant de se diversifier, il faut un matelas de sécurité de trois à six mois, puis des bases comme le PEA ou l'assurance vie. Ensuite, on peut commencer avec une à trois bouteilles, dès 100 euros : une bonne appellation sur un bon millésime se trouve à partir de 50 euros. Le plus dur, dit-il, est de ne pas les boire.
Quels vins privilégier pour un investissement patrimonial ?
Les grandes appellations connues depuis des décennies : Pomerol et Saint-Émilion à Bordeaux, Chambolle-Musigny et Gevrey-Chambertin en Bourgogne, Hermitage, Châteauneuf-du-Pape ou Gigondas dans le Rhône. Il déconseille de suivre les modes : quand une bouteille est vantée sur Instagram, il est souvent déjà trop tard.
Qu'est-ce qu'un second vin, et est-ce un bon point d'entrée ?
C'est un vin produit par un grand cru classé mais hors de son classement, souvent issu de vignes plus jeunes ou d'une autre parcelle. Même savoir-faire, moins de complexité. Valentin Grinon cite le Pavillon Rouge du Château Margaux, environ trois fois moins cher que le grand vin, et recherché par ceux qui veulent le nom sans le prix.
Comment savoir si un millésime est une bonne année ?
Le millésime est l'année de récolte. Une grande année donne un vin équilibré entre tanins, acidité et alcool, grâce à un été chaud et sec et une arrière-saison fraîche, et sa première qualité est sa longévité. En règle générale, il cite 2005, 2009, 2010, 2015 et 2016. Pour vérifier, il conseille les notes des critiques plutôt que les applications où chacun note le vin qu'il boit.
Où stocker son vin quand on investit ?
Chez soi, une cave de conservation à hygrométrie contrôlée convient en dessous d'une cinquantaine de bouteilles, une simple cave de service ne suffit pas. Au-delà, ou pour des bouteilles chères, il conseille un entrepôt agréé : sans vibrations, à température et hygrométrie constantes, à l'abri de la lumière, sécurisé et assuré, parfois à la valeur de marché. Il estime le coût entre 50 centimes et 1,50 euro par bouteille et par mois.
Y a-t-il de la contrefaçon dans le vin ?
Oui. Des bouteilles vides et des bouchons de grands crus se revendent sur le second marché. Le faussaire Rudy Kurniawan remplissait de vraies bouteilles avec ses propres assemblages. Il a été démasqué après avoir mis aux enchères un Clos Saint-Denis du domaine Ponsot sur un millésime jamais produit. Pour acheter comme pour revendre, il faut pouvoir documenter la conservation et l'authenticité.
Comment revendre ses bouteilles ?
Sans être pressé : une revente prend d'un mois à six mois, et vendre dans l'urgence fait perdre de l'argent. Les options citées : les plateformes de particuliers et les sites d'enchères comme eBay ou Catawiki, la revente en lot à un professionnel qui rachète moins cher que le marché mais prend tout le stock d'un coup, ou le réseau de collectionneurs.
Transcription de l'épisode
Transcription intégrale (environ 7897 mots), générée automatiquement puis relue. Elle peut contenir de légères imperfections.
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Il y a aujourd'hui des contrefaçons. Depuis les années 2000, le vigneron c'est un homme de la terre et un homme de la terre, même si aujourd'hui il est très connu, mettre 1000 euros dans une bouteille, très souvent ça lui paraît complètement absurde. Il faut que j'arrive à analyser le comportement météo de l'année 2016 pour me dire dans les dernières années, qu'est-ce qui a été le plus proche de cette année en termes de météorologie. Pour me dire potentiellement, ça serait pas mal d'investir dessus. Pour savoir les bons millésimes, tu vas voir les notes des critiques. Bienvenue dans Out of the Box, un format simple, 30 minutes pour comprendre l'investissement en répondant à une question. Du concret, des chiffres et de la stratégie.
Aujourd'hui, on aborde un placement qui fascine autant qu'il intrigue, l'investissement dans le vin. Certaines bouteilles prennent énormément de valeur en quelques années, des caves deviennent de véritables patrimoines, mais derrière cette image très luxe, est-ce vraiment rentable d'investir dans le vin ? Comment fonctionne concrètement ce marché ? Quel vin performe vraiment ? Peut-on commencer avec quelques centaines d'euros ? Et est-ce que c'est un vrai investissement ou est-ce que c'est du loisir ? Allez, c'est parti ! Avant qu'on commence, je prends 30 secondes. Si tu écoutes ce podcast, tu as sûrement tes raisons. Peut-être que tu veux construire un patrimoine, gagner plus pour ta famille, préparer ta retraite autrement qu'avec un livret A.
Ou peut-être simplement que tu investis déjà et que tu viens juste chercher des idées. Dans tous les cas, tu es au bon endroit. Moi, avant, je travaillais dans la gestion de fonds d'investissement en immo. Je gérais plus de 250 millions d'euros. Puis un jour, j'ai décidé de dupliquer la méthode des fonds d'invest à moi-même. Aujourd'hui, j'ai plus de 55 locataires et ça m'a également permis de quitter mon job. Puis, depuis, j'ai accompagné plus de 1900 personnes avec cette méthode. Donc je sais que ça marche et pas seulement pour moi. Si toi aussi tu veux avancer, j'ai deux possibilités. La première, c'est mon accompagnement immo. On travaille sur ton projet en one-to-one. Ton premier bien rentable dans les six mois
ou le développement du patrimoine que tu as déjà. On va regarder ta situation, ton budget, ta stratégie et je vais te guider à chaque étape. La deuxième possibilité, c'est le Cercle des investisseuses, une communauté de femmes qui investissent entre elles. Chaque semaine, tu y trouves des pépites, des bons plans de travaux, l'actu du marché, des lives avec des experts et des vidéos pour progresser au quotidien. Puis surtout, c'est un endroit où tu poses tes questions sans jugement. Tout est dans la description et c'est parti pour l'épisode. Bonjour à tous, on se retrouve pour un nouvel épisode d'Out of the Box et on retrouve Valentin Grinon. Bonjour Valentin. Bonjour Emeline, merci beaucoup de m'accueillir ici.
Je te laisse te présenter. Avec grand plaisir. Je suis Valentin, je suis chef sommelier aujourd'hui dans un palace dans le sud de la France proche d'Aix-en-Provence qui s'appelle Villa La Coste. D'accord. Et qu'est-ce que c'est le job de chef sommelier dans ce genre d'établissement ? Le job de chef sommelier, c'est de tout goûter premièrement. Et ça, c'est... C'est dur. Très, très dur. La meilleure partie du job. Et surtout, c'est de gérer tout ce qui est les achats des vins, tout ce qui est la logistique autour des vins, des champagnes de l'établissement, donc de nos différents points de restauration, tout ce qui est stratégie tarifaire, tout ce qui est stratégie locale. Donc si on est sur un palace. Exactement, on est sur un palace.
Donc tu as un budget. J'ai un budget, exactement. Un gros budget. J'ai un beau budget, un budget mensuel que je peux ou non dépenser, bien entendu. Après, j'adapte aussi en fonction de la fréquentation de l'hôtel, enfin du palace. Tu vas savoir qui vient et tu as peut-être... Je sais pas, je me projette. Les préférences, tu sais que quel client préfère ça. Donc tu vas te débrouiller pour avoir ces bouteilles-là. Alors ça, on peut. Ça, bien entendu, on peut. On a ce qu'on appelle des trombinoscopes. Il y a tout un tas d'informations qui passent dans les palaces, entre les services. On sait qui vient dans un mois, si la réservation est déjà faite, qui vient dans deux semaines, qui vient ce soir manger. Normalement, si on les a déjà reçus,
on connaît leurs appétences par rapport aux régions, par rapport aux madames végétariennes et préfèrent le censer. D'accord. Monsieur adore les bouteilles à 10 000 euros. On le sait aussi, voilà. Et outre toute cette stratégie gérée par le chef sommelier, je gère aussi, comment dire, une équipe de sommeliers et je gère le terrain. C'est-à-dire que pendant un service, je suis amené à être sur le floor, ce qu'on appelle en salle, à servir les clients. Je crée aussi les accords mets et vins, selon la cuisine du chef. Je vois le chef, je déguste sa cuisine, je crée les accords, donc les vins qui vont avec la cuisine du chef. Et c'est ce qui est intéressant aussi. Un métier passion. Un métier de passion, oui. C'est assez incroyable et il y a beaucoup de rencontres humaines,
tant avec les clients. Il faut savoir que nous, dans le restaurant, on est un petit peu le sachant en termes de vin. Et beaucoup de gens aiment en apprendre sur le vin. C'est pour ça qu'on est là. Oui, exactement. Et je peux passer un quart d'heure à une table à discuter. Ça embête le reste de l'équipe qui doit avancer dans son service, mais quand le client veut discuter, ça va être... C'est un job de l'humain. Oui, exactement. Et ça nous permet aussi de rencontrer, bien entendu, les vignerons. Et ça, c'est, en mon sens, la meilleure partie du job. Tu vas nous en parler. Alors, il faut savoir... Donc, Valentin, moi, je l'ai rencontré puisqu'il s'est occupé de la sélection des vins pour mon mariage. Donc, on est aussi sur la partie immobilier,
Instagram, tout ça, la formation. Bref, mais c'est comme ça que j'ai découvert son talent pour la sélection du vin. Et je voulais donc faire absolument un épisode sur l'investissement dans le vin. Alors, déjà, là, il y a un truc où tu m'as dit Monsieur aime les bouteilles à 10 000 euros. C'est quoi la bouteille la plus chère que t'as pu avoir l'occasion, soit de déguster ou de proposer à un client ?
De déguster, ça doit être des bouteilles à... Peut-être à 60 000 euros, quelque chose comme ça.
Il te dit ça. C'est trop normal. Ouais, mais c'est pas tous les jours quand même. Heureusement, parce que sinon, j'ai pas envie de me lasser de bouteilles à 60 000 euros. Enfin, alors, j'ai triché un petit peu. C'était pas une bouteille, c'était une bouteille de 6 litres. D'où aussi le prix, le prix assez stratosphérique. Et des bouteilles que j'ai servies à des clients, des bouteilles à 18, 20 000 euros sur table, en restaurant étoilé. D'accord. Tu te rappelles de cette bouteille à 60 000 euros ? Bien sûr, bien sûr. T'as passé un bon moment ? La bouteille à 60 000 euros ? C'était pas si incroyable que ça. Non, je ne citerai pas de nom, je ne citerai pas de nom. Mais c'était pas si incroyable que ça, parce que quand on pense que la bouteille...
Alors, je ne l'ai pas payée. Et tant mieux. Oui, tant mieux. C'est ce qu'on va retenir aussi. Exactement, mais quand on pense que la bouteille vaut, on va dire entre 40 et 60 000 euros, on s'attend à quelque chose d'incroyable et qu'on ne l'oubliera jamais. Alors, bien entendu, je ne l'oublierai jamais, mais je me suis dit, wow, c'est très bon. Je ne me suis pas dit, c'est purement exceptionnel. Oui, mais c'est vrai que pour même un plus petit budget, tu vois, moi, je ne vais pas sur ce genre de bouteille. Parfois, tu peux prendre une bouteille même à 150 euros, OK ? Et tu te dis, ben... Pourquoi ? Oui, exactement. C'est rien passé, il n'y a pas eu un petit coup de cœur, un petit flash, il y a quelque chose d'une expérience particulière.
Exactement, en fait, c'est l'offre et la demande. La quantité, on en reparlera tout à l'heure, mais la quantité de bouteilles produites versus la demande, le monde entier qui en demande, c'est un peu le problème. Si tu n'aimes pas la montagne, mais qu'on te propose un chalet à Courchevel, ça te paraîtra complètement démesuré, le prix au mètre carré à Courchevel. Belle ref, merci, je me projette pas mal comme ça. Il m'a oublié. Bon alors, on rentre dans le vif de ce sujet. L'idée de cet épisode, c'est de faire 30 minutes pour comprendre l'investissement dans le vin. Donc l'investissement, tu vas pouvoir nous parler aussi de ton autre casquette que tu avais pu avoir avant. Je vais te laisser la parole, je ne sais pas comment ça va se dérouler
parce que je n'ai pas les déroulés de l'épisode pour le coup. Je vais te laisser nous emporter avec toi. Discutons-en alors. L'investissement dans le vin, déjà je veux nuancer mes propos. L'investissement dans le vin, moi je le vois vraiment comme un investissement patrimonial, pas comme de la spéculation. Il y en a beaucoup qui font de la spéculation dans le vin, c'est-à-dire qu'on achète, on revend. On n'attend pas avant de revendre entre guillemets, c'est vraiment du one shot à chaque fois. Ça, ça gangrène un petit peu le marché parce que ça chamboule tout, dans le sens où le vigneron crée le vin, produit le vin, va dans ses vignes pour créer du vin pour les gens qui le boivent ce vin et non pas pour que quelqu'un achète la bouteille
et fasse un x2, x5, x10, x30, juste à la revente. Donc ça, c'est vraiment une nuance à avoir, sachant qu'un vigneron, ça passe la moitié de l'année, voire plus dans ses vignes, ça se lève à 6 heures du matin, ça se couche tard, ça donne toute sa vie pour ses vignes et c'est pas comme ça que je vois l'investissement dans le vin, dans le sens où quand le vigneron vend la bouteille à 10 euros et qu'elle peut être vendue à 100 euros quand elle quitte les grilles du domaine, le vigneron touche que c'est 10 euros, il touche pas 1 euro de plus. Humainement parlant, c'est assez limite. Comment tu lui expliques ça ? Toujours l'offre et la demande. Parce que c'est pas partout, donc c'est sur certaines régions, c'est sur certains domaines,
parfois sur certaines cuvées de certains domaines. Excuse-moi, je te coupe, mais on est quand même sachant aussi sur certaines cuvées, certains domaines, pourquoi est-ce que le vigneron à la source, il n'augmente pas naturellement ses prix ? Est-ce que c'est parce qu'il n'a pas forcément les valeurs du business, il ne connaît pas forcément le marché ? Tu vois, je comprends pas. Ça peut être en fait le vigneron... Déjà, il faut savoir que c'est des paysans et que le paysan de base, même si le vigneron, beaucoup de vignerons aujourd'hui sont des paysans assez aisés, enfin les vignerons dont on parle dans cet épisode, il faut savoir que le vigneron, c'est un homme de la terre. Et un homme de la terre, même si aujourd'hui, il est très connu,
mettre 1 000 euros dans une bouteille, très souvent, ça lui paraît complètement absurde. Donc déjà, quand il se dit, je vends ma bouteille, 150 euros, c'est déjà énorme. Il ne voit pas trop pourquoi il augmenterait le prix de vente. Alors après, bien entendu, tu as de la demande, donc il pourrait très bien se dire les gens sont prêts à payer ma bouteille que je vends, je vais te dire une bêtise, 100 euros, ils sont prêts à la payer 1 000 euros. Moi, je vais la vendre 1 000 euros. Mais qu'est-ce qui va se passer ? C'est que les gens qui vont l'acheter 1 000 euros, vu que le marché aura augmenté, ils vont la revendre 2 000. Le vigneron, il va se dire quoi ? Il va se dire, je monte à 2 000. Et après, s'il la met à 2 000, les gens...
Oui, on explose, on explose. Oui, mais il pourrait aussi, égoïstement, penser aussi à son rythme de vie, tu vois, et se projeter, parce que autant on peut parler de certains qui ont les moyens, autant je pense qu'il y en a qui sont potentiellement un peu dans la galère, tu vois, avec tout ce qui a explosé en France. Donc, je sais pas, je... Oui, mais alors, en effet, mais ceux qui sont dans la galère, les gens ne recherchent pas spécialement leur bouteille. Oui. Donc, du coup, augmenter le tarif, ça diminuerait la clientèle. Et c'est là tout le problème. Il faut trouver un petit équilibre, quoi. Exactement. Et les vignerons qui, depuis une dizaine d'années, ont augmenté leur prix au fur et à mesure des années,
ont fait du 20 % toutes les années, plus 20 % toutes les années, aujourd'hui, ils se retrouvent face à une clientèle qui n'achète plus. Et même sur le second marché, sur le marché gris, comme on appelle ça. C'est le second marché, le marché de la revente, le marché de l'occasion, entre guillemets, dans le vin. Ah oui, ok, sur les plateformes, le bon coin, etc. Oui, exactement, le bon coin ou d'autres sites qu'on citera tout à l'heure. Mais le problème, c'est que ces vignerons-là, qui ont, du coup, abusé sur leur politique tarifaire, en face, ils ne trouvent plus la clientèle qu'il y avait il y a 5 ans, il y a 10 ans. C'est compliqué de redescendre. C'est compliqué de redescendre parce que c'est une perte de crédibilité.
Et ceux qui vendent aujourd'hui leur bouteille, on va repartir à 100 €, et qui, il y a 10 ans, les vendaient 30 €, ces vignerons-là, ils ne trouvent plus la clientèle. Ou ils en trouvent très peu. Parce que les gens ne sont pas dupes non plus, et la majorité de leurs clients sont des professionnels et un professionnel va se dire, à qualité égale, si la qualité n'a pas augmenté, à qualité égale, j'ai d'autres vins qui valent deux fois moins cher. Donc, on partira sur ces vins deux fois moins cher. L'objectif n'est pas de payer le moins cher possible, mais d'avoir quelque chose de logique en cas. Moi, j'ai un exemple, du coup, en tête, naturellement, avec ça, c'est que j'aime beaucoup le Meursault, tu vois. Et en fait, j'ai basculé sur du Saint-Romain.
Terrible, Saint-Romain. Et en fait, c'est un de mes vins préférés. Et pour le coup, le prix est dérisoire par rapport au Meursault. Bien sûr. On est deux fois moins cher, facile. Donc, je vais naturellement basculer sur du Saint-Romain. J'en suis très contente. C'est exactement ce dont on parle. Exactement, exactement. C'est des propositions alternatives à des niveaux de prix plus intéressants, à qualité souvent équivalente. Bon, alors, on retourne dans notre vif du sujet. Donc, ton ancienne vie, je dirais ton ancienne casquette. Alors, mon ancienne casquette, j'avais une société que j'avais créée en 2018 avec un associé qui est mon meilleur ami. Et dans cette société, on proposait plusieurs services et deux majoritairement, c'est-à-dire d'un côté,
l'accompagnement sur les mariages, donc le sourcing de vin pour les mariages, toujours en accord avec le menu du traiteur, avec les volontés des mariées, avec... Emeline voulait du Meursault, elle a eu du Meursault, enfin, je ne sais plus, mais voilà. C'est du hasard, trop cher. C'était peut-être du Saint-Romain. Non, mais voilà, c'est avec les desiderata des mariées. Et à côté, notre seconde casquette, c'était de sourcer des vins pour des collectionneurs, pour des collectionneurs dans le monde entier. Donc, on avait des clients privés qui venaient de Hong Kong, de Singapour, de Chine, de Monaco, de New York. Et ils nous demandaient de trouver certaines bouteilles sur le marché. On leur trouvait, on achetait, on leur revendait
parce que comme ça, tout était centralisé dans notre société et il n'y avait qu'un seul intermédiaire qui était nous. Bien sûr. Et du coup, c'était facile pour tout le monde. Donc là, ce qu'on va faire, c'est que je vais me mettre dans la tête de quelqu'un qui veut investir dans le vin. L'idée, c'est que ça soit activable, simple pour les gens qui puissent vraiment se projeter comment on fonctionne. Dis-moi les étapes vraiment. Comment on fonctionne ? Alors déjà, et je pense que c'est comme dans tout investissement, il faut connaître un minimum. Quand je dis connaître un minimum, ce n'est pas faire trois ans d'étude pour étudier le sujet. C'est vraiment se renseigner. Comme les gens se renseignent sur l'immobilier en regardant tes vidéos,
ils peuvent se renseigner sur le vin en regardant d'autres vidéos. Ils peuvent lire des livres ou lire des sites Internet aujourd'hui. Tout est accessible super facilement. Voilà, il faut connaître déjà un minimum. Il faut aussi intéresser parce que je trouve ça très risqué d'investir dans quelque chose qui ne nous intéresse pas juste pour l'appât du gain. Moi, j'ai investi aussi un petit peu dans l'immobilier, parce que ça m'intéresse énormément. Donc premièrement, c'est s'y intéresser et connaître un petit peu. Ensuite, c'est ne pas trop, comment dire, suivre les modes. Dans le vin, il y a un parallèle intéressant à faire, je trouve. C'est, je vais être très synthétique, le bitcoin et les altcoins. Oui.
Le bitcoin, c'est la valeur sûre, c'est, on va dire, l'investissement bon père de famille, l'investissement patrimonial. Enfin, moi, je le vois vraiment comme ça, en tout cas le bitcoin et l'ethereum. Et à côté, les altcoins, on met 10 euros, 100 euros ou 1000 euros. On attend que ça explose. 9 fois sur 10, on a perdu notre somme. Cette petite poche de risque avec la question. Et ça, dans le vin, c'est un petit peu le bitcoin. Le bitcoin, c'est les belles appellations, les grandes appellations connues depuis des décennies, voire plus, voire le début du siècle dernier, comme les appellations Bordelaise, du style Pomerol, Saint-Émilion, les appellations Bourguignonne, du style Chambolle-Musigny, Gevrey-Chambertin, des choses qui parlent.
Dans le Rhône, nous avons Hermitage, nous avons Châteauneuf-du-Pape, nous avons Gigondas, des belles appellations comme ça. Donc il faut, à mon sens, pour un investissement patrimonial, se concentrer sur ces appellations-là, sur ces valeurs sûres, plutôt que de se dire, ah ben j'ai entendu un gars qui parlait de telles bouteilles sur Instagram, je ne connais pas, mais ça a l'air de prendre de la fame. J'essaie d'acheter six bouteilles à... En fait, surtout ce que je veux dire, c'est que si on entend quelqu'un parler sur Instagram de quelque chose, c'est que c'est souvent déjà trop tard pour l'investissement, entre guillemets. C'est un peu comme la crypto, quand on se dit oula, sa boulangère elle parle de la crypto,
sans manquer de respect à la boulangère, c'est pas... La boulangère, elle va parler de la crypto parce que le bitcoin a dépassé 100 000. Tu investis quand le bitcoin a dépassé 100 000. Mais la boulangère s'est peut-être formée. Ouais, voilà, exactement. Il y a ça aussi, ne pas suivre les modes, mais plutôt suivre les tendances de fonds. Ensuite, se baser sur des choses concrètes. Donc là, on a parlé des appellations, mais se baser aussi sur les millésimes, les beaux millésimes. Alors tu vois déjà, qu'est-ce qu'un millésime ? Très bonne question. Un millésime, c'est une année. C'est-à-dire que le millésime 2015, c'est un vin qui a été produit avec les raisins de la récolte de 2015. Le vin, c'est 99% du temps millésimé.
Je ne parle pas de champagne, je parle de vin. Et le millésime, c'est l'année de récolte, tout simplement. Donc le 2015, s'il y a de l'élevage, etc., il va peut-être sortir en 2016. Le millésime n'est pas... Comment ça, de l'élevage ? De l'élevage en fûttt, de l'élevage en cave. Par exemple, quand tu récoltes tes raisins en 2015, par exemple, on va rester sur cet exemple-là, tu les mets dans ta cuve, ça fermente, ça macère, ça fermente, ça crée de l'alcool. Et une fois que ça crée de l'alcool... L'année d'après. Voilà, exactement. C'est un peu comme tes impôts. Ouais, c'est ça. On va comparer le vin aux impôts. Super ! Génial ! Tu déclare en 2020, tu es revenu 2025, donc c'est ça. C'est le vin, tu vas avoir ta cuvée 2025,
mais elle sera faite en 2026, puisqu'elle a... Ouais, en fait, elle a attendu dans les caves, dans les fûts, dans les cuves, et parfois même en bouteille, dans les caves avant qu'elles sortent. Les vendanges, c'est souvent... Enfin, c'est souvent... Non, en France, c'est août-septembre. Je ne parle pas de vendanges tardives, mais voilà, c'est août-septembre, et le temps que tout ce processus de vinification et d'élevage se fasse, le vin sort au minimum l'année d'après. Donc aujourd'hui, les vins qui sortent les plus tôt sont ou les primeurs dans le Beaujolais, ou les vins rosés. Aujourd'hui, les vins rosés qui sortent sont les 2025. Aujourd'hui, vous ne pouvez pas trouver de 2026, parce que la récolte 2026, elle va être faite en août-septembre.
Elle n'a pas été récoltée encore, oui, bien sûr. Et alors, tu vois, je me dis, comment est-ce qu'on sait ce qu'il y a une bonne année ou pas ? C'est toujours le truc. Tu sais, tu es au resto, tu as ta carte, et là, tu vois, les connaissances, 2015... Comment on fait ? Alors, ça, c'est par rapport au climat de l'année. C'est-à-dire qu'un été chaud et sec, une arrière saison plutôt fraîche... En fait, il y a un équilibre qui va se créer dans le raisin, qui va donner l'équilibre aux vins. Quand je parle d'équilibre, par exemple, sur un vin rouge, je parle du vin, c'est la matière tannique, donc les tannins. Les tannins, c'est la structure du vin, c'est ce qu'on ressent en bouche quand on mâche le vin, en fait.
Les tannins, pour ceux qui ne connaissent pas spécialement le vin, c'est ce que vous pouvez retrouver dans le thé aussi. La puissance qu'on a. Exactement. Quand tu laisses ton thé infuser trop longtemps, t'enlèves ton sachet de thé, à la fin, il est âpre. Ça, c'est les tannins. Ça, c'est les tannins du thé, du vin, ce sont les mêmes tannins. Ensuite, t'as l'acidité. Donc l'acidité, c'est la fraîcheur que tu retrouves dans le vin. Et cette acidité, elle est amenée par les nuits fraîches, par une arrière saison assez fraîche. Et ensuite, t'as le degré alcoolique aussi. Le degré alcoolique, c'est jamais agréable de boire un vin qui a 16 degrés. C'est en-dessus, chez mes parents, ils ont ça à côté de Perpignan.
Tu m'en avais parlé. Ah, il te sort des trucs vertilis. Ils sont contents en plus. Il est fort, ouais. Ouais, mais c'est le genre de vin que tu mets dans le pichet. C'est ça. C'est ça. Après, blague dans le coin, il y a des très bons vins avec des degrés. Respect pour les vignerons des Pyrénées-Orientales. Exactement. Exactement, il y a des très bons vins avec des degrés élevés. Voilà, c'est un équilibre entre tout ça. Cet équilibre dans le vin est donné par l'équilibre dans le climat pendant... L'alcool, c'est le soleil, hein ? L'alcool, c'est le soleil, exactement. C'est pour ça que là-bas, de toute façon, il est très fort, puisqu'il y a une soleil toute l'année aussi. Exactement, l'alcool, c'est le soleil qui va concentrer les sucres dans le raisin.
Au plus, il y a de sucres dans le raisin, au plus, il y aura d'alcool dans le vin, parce que c'est le sucre qui se change en alcool. Je vais pas rentrer dans des considérations assez techniques, mais... Après, ça donne comme du banyuls, c'est avec du vin un peu plus cuit. Voilà, exactement. Après, tout ce qui est banyuls, rivesaltes, etc., c'est encore un autre système de vinification, où là, on recherche peut-être un petit peu de sucrosité, etc. Mais voilà, tout cet équilibre, entre guillemets, au plus un millésime est équilibré, au plus, ce sera considéré comme un grand millésime. Et un grand millésime, la caractéristique première, c'est sa longévité dans le temps. C'est-à-dire que 2013, par exemple,
que ce soit à Bordeaux ou dans le sud de la France, et même ailleurs, c'était un millésime assez froid, assez pluvieux. Donc finalement, il n'y avait pas trop de concentration de sucre, donc pas trop d'alcool. Donc si tu veux, ça crée un déséquilibre dans certains vins, attention, je dis bien, un déséquilibre entre l'acidité, l'alcool et les tanins. Et du coup, quand il y a un déséquilibre, du coup, c'est là où le vin est moins intéressant et où le vin va moins tenir dans le temps. Donc les plus beaux millésimes sur ces dernières décennies, on peut parler de 2005. Je fais en règle générale parce que selon... Donne-moi les 5 meilleurs millésimes. Allez, on va dire 2005, 2009, 2010, 2015, 2016. D'accord. Donc dans les dernières années, pas forcément.
Il y en a, mais... En 2016, on remonte à 10 ans quand même. Oui, mais alors, ce qui est... Pourquoi on remonte à 10 ans pour parler de beaux millésimes ? Il y en a une autre ces dernières années, mais aujourd'hui, le 2016, on comprend comment il vieillit. Ah, c'est la maturation aussi dans le temps ? Oui, en fait, si tu veux, aujourd'hui, on a un recul sur 2016. Et quand on regoûte des 2016, on se dit... On peut se dire que c'est un beau millésime parce qu'on a ce recul de millésime, finalement, de vieillissement. Ça voudrait dire, si je me projette, qu'il faut que j'arrive à analyser le comportement météo de l'année 2016 pour me dire dans les dernières années qu'est-ce qui a été le plus proche de cette année
en termes de météorologie, pour me dire potentiellement, ça serait pas mal d'investir dessus. Oui et non, c'est beaucoup plus facile que ça. D'accord. Tu vas sur Google... Je me suis projetée ! Tu vas sur Google, quels sont les meilleurs millésimes à Bordeaux ? Il te sort la liste des meilleurs millésimes. Ne t'embête pas avec Catherine Laborde ou quelque chose comme ça. Ça marche. Et par contre, je veux là aussi nuancer le propos, c'est-à-dire que les meilleurs millésimes d'investissement patrimonial sont pas spécialement les millésimes que tu préféreras boire. Enfin, moi, je sais que j'adore 2013 sur les Châteauneuf-du-Pape, par exemple, parce qu'il y a plus de fraîcheur et il y a moins de structure que sur des 2005 ou des 2009.
D'accord. Et moi, je préfère aujourd'hui des vins un petit peu plus faciles à boire, avec plus de sapidité et plus de fraîcheur, que des vins avec plus de structure. C'est voilà. Le goût personnel est complètement différent des critiques, parce que ça, c'est assez important aussi. Pour savoir les bons millésimes, tu vas voir les notes des critiques. Moi, je regarde sur Vinatis. Voilà, par exemple, Vinatis. Ou Vivino. Ici, non ? Vivino, c'est... Tout un chacun peut noter le vin qu'il boit. Ah, oui. Donc, tu as ceux qui n'y connaissaient rien, qui le notent aussi. Voilà, moi, ça me rend dingue. Je ne le montre pas, mais ça me rend dingue. Tu le caches bien. Quant au restaurant, alors, je le vois de moins en moins et heureusement,
mais je l'ai vu, vécu. Au restaurant, je présente une bouteille. Voici madame, monsieur. Je vous sers ce verre-là, parce qu'on demande un vin au verre. Attendez, attendez. Vivino. 4,5 sur 5. C'est bon, on peut y aller. Je le prends. 3,9. Vous n'avez pas autre chose ? Fais ton job, s'il te plaît. Il refait vraiment question. Voilà, parce qu'en fait, tout le monde peut noter sur Vivino. Et personne n'a les mêmes goûts. Personne n'a les mêmes goûts et personne n'a les mêmes attentes. Moi, si je parle de mon papa, il préfère les vins qui sont hyper structurés, les vins blancs du sud de la vallée du Rhône. Moi, je préfère les vins blancs de Loire, par exemple, avec plus de tension, plus de minéralité. C'est complètement différent, quoi.
Complètement différent. Et c'est vrai que si mon papa prend Vivino et note un vin de Loire, il lui mettra une moins bonne note que moi, si je le note, par exemple. Alors, j'ai quelques petites questions qui me viennent comme ça. La première, ça va être, tu vois, je me prends moi, à partir de quel budget je peux commencer à investir dans le vin ? À mon sens, tout est une question de ton patrimoine à côté, finalement. Si t'as zéro patrimoine et t'investis dans rien d'autre et que tu veux investir dans le vin, c'est peut-être pas la meilleure des solutions. Donc c'est une allocation d'actifs ? Exactement, c'est une allocation d'actifs. En fait, moi, je vois vraiment l'investissement dans le vin comme de la diversification.
Et avant de se diversifier, il faut avoir des bases. Parce que tu peux pas diversifier rien. On est d'accord. On est d'accord. C'est comme les montres, c'est comme les voitures, c'est comme l'art. Pour moi, dans l'investissement, c'est de la diversification. Vaut mieux, déjà, en fait, c'est une pyramide de Maslow. C'est la pyramide, tout simplement. T'as les besoins nécessaires à ta vie pour survivre. Donc, on va dire, t'es trois à six mois de matelas de sécurité, en gros. De quoi aussi payer ton loyer en cas de coups durs, etc. Ensuite, le chaînon juste au-dessus, la strate juste au-dessus, à mon sens. Enfin, c'est comme ça que je le vois. En tout cas, c'est les PEA, ou le S&P 500, enfin, des choses assez... Assurance vie.
Voilà, assurance vie, etc. Exactement. Et ensuite, là, on arrive dans la diversification. Donc dans les montres, etc. Et dans le vin. Maintenant, si je veux, allez, je me dis, bon, allez, je sais pas. En gros, c'est pour que les gens arrivent vraiment à s'identifier. Est-ce que quelqu'un avec qui a envie de mettre, je sais pas, 150 euros, il peut commencer à investir dans une, deux, trois bouteilles. Je n'en sais rien. Bien sûr. Bien sûr, il peut commencer à investir dans une, deux, trois bouteilles. À ne pas boire. Attention. Et ça, c'est le plus compliqué. Ça, c'est le plus dur de ne pas les boire. Mais après, c'est de la perte, donc c'est moins marrant. Mais bien entendu, il y a des bouteilles, des, je pense à des secondes vins
de Grand Cru de Bordeaux. Donc un second vin, c'est c'est un vin qui n'est pas classifié dans le classement 1855 de Bordeaux. C'est par exemple, vous avez Château Margaux. Château Margaux. Ça, c'est le domaine, le Grand Cru classé, Château Margaux. Et ensuite, le Pavillon Rouge du Château Margaux. Ça, c'est le second vin. Parfois, c'est les vignes les plus jeunes qui donnent moins de complexité. Parfois, c'est une autre parcelle qui est en dehors de cette classification. Voilà, il y a le même savoir-faire que Château Margaux, mais c'est pas un vin aussi complexe. Ce second rang, quoi. Ouais, exactement. C'est très, très bon, mais c'est pas aussi complexe et c'est pas aussi recherché. C'est recherché parce que quelqu'un qui veut goûter,
qui veut boire un Château Margaux, faire plaisir à ses invités avec un Château Margaux, mais qui n'a pas 1 500 euros à mettre dans un Château Margaux, il va acheter un Pavillon Rouge du Château Margaux. À trois fois moins cher. Ok, je comprends. Bon, en tout cas, moi, ce que je retiens là, c'est qu'avec 100 euros, je peux commencer à investir. Tout à fait. Avec 1 500 aussi, avec 5 000 aussi, ça sera pas forcément la même cave ou les mêmes bouteilles sélectionnées, mais il y a des choses à faire avec. Il y a des choses à faire. Il y a toujours des choses à faire. Il faut toujours choisir la bonne appellation, le bon millésime et la bonne appellation et le bon millésime, on peut en retrouver à partir de 50 euros sans aucun problème.
D'accord. Où est-ce que je vais le trouver, ce vin ? Est-ce que je vais sur des revendeurs en ligne ? Est-ce que je vais sur du marché potentiellement le bon coin ? Mais là, tu vois, directement, je me dis, est-ce qu'il y a de la contrefaçon dans le vin ? Oui, alors, plusieurs points. Il faut savoir que pour la revente, c'est encore une fois comme les montres, pour la revente, il faut de la documentation comme quoi le vin a bien été conservé, comme quoi le vin est authentique. Parce qu'en effet, il y a de la contrefaçon. Mais attend, rien que sur la conservation, c'est quoi ? Parce que tu peux trouver sur des particuliers. Moi, c'est quoi ? Je te garde une photo de ma cave pour vous montrer. Par exemple, alors après, on fait confiance
ou on fait pas confiance, mais un particulier peut te dire ben moi, j'ai une cave dans une vieille maison de famille. Il fait toujours 12 degrés dans cette cave. Il y a toujours une hygrométrie. Donc, l'hygrométrie, c'est l'humidité dans l'air. Toujours une hygrométrie de, je sais pas, 70%. C'est les conditions idéales pour la conservation du vin. Et depuis que mon papa l'a acheté au domaine directement, il l'a stocké dans cette cave. Aujourd'hui, il peut plus boire ou aujourd'hui, il n'est plus là. Moi, je souhaite m'en défaire. Voilà, le vin, il n'a pas bougé. Si c'est quelqu'un qui te dit ben moi, je l'ai acheté à un copain et mon copain, il l'a acheté. Il a circulé dans les camions, etc. Voilà, ouais, ouais. Là, moi, je n'irai pas trop, quoi.
Je n'irai pas trop. Et donc là, en l'occurrence, donc, si je me dis je veux stocker en plus, tu nous conseilles quoi ? Alors, le mieux, c'est de faire appel à un professionnel pour ça. Après, ça dépend de la taille de ta cave. Si tu investis vraiment dans le vin, tu vas commencer à avoir 10, 20, 50, 100 bouteilles. Là, je te conseille de faire appel à des professionnels. Par exemple, ici, on est à Paris. Non, en Île-de-France, autour de Paris, il y a des professionnels, des entrepôts agréés qui stockent le vin pour toi avec les conditions parfaites. Pas de vibrations, parce qu'il n'y a pas de métro en-dessous. Parce que les vibrations abîment le vin. Une hygrométrie parfaite. Une température parfaite. Une non-exposition aux UV,
à la lumière. Et surtout, une assurance. Ces entrepôts sont assurés. Et une sécurité. Parce que le jour... Et ça, on va en parler ensuite, si vous voulez, enfin, si tu veux, des assurances. Le jour où quelqu'un rentre chez toi et il te vide ta cave, voilà, ton investissement, tu dis ciao. Alors que dans ces entrepôts agréés, tout est assuré. Et du coup, s'il y a, ne serait-ce qu'un seul problème, il y a un incendie ou quoi que ce soit, il y a des entrepôts qui assurent à la valeur du marché. Pas à la valeur de l'achat, à la valeur du marché. Ta bouteille, tu l'as achetée à 100 euros et 10 ans plus tard, elle en vaut 1000. Tu seras remboursé à 1000 euros. Et pas à 100. Alors, tu m'as rajouté une question de plus, du coup.
Merci. C'est que là, tu as dit que... Du coup, il va y avoir des cambriolages, donc du vol, du vin. C'est vrai que moi, je peux avoir le cliché de me dire, bon, si je me fais cambrioler, ils vont chercher des bijoux, ce genre de choses. Non, ils peuvent aussi se barrer avec ma cave. Ça se fait beaucoup, peut-être plus qu'on peut le penser ? Oui, je pense. Ça se fait beaucoup, c'est certain.
Il y a des restaurants à Paris qui se sont fait piller leur cave parce que maintenant, toute information est accessible sur Internet. Et quand on voit que, par exemple, il y a... C'est plus des professionnels qui se font... Oui, c'est plus des professionnels. Mais après, c'est vrai que le monsieur... Tout le monde connaît Pétrus. Le nom Pétrus, tout le monde le connaît. Si toi... Enfin, je vais pas porter à l'œil, mais si quelqu'un de mince fait cambrioler et qu'il y a un Pétrus dans sa cave, ça m'étonnerait que le cambrioleur passe à côté du Pétrus. Même s'il n'est pas connaisseur, tout le monde entend du Pétrus, tout le monde a vu ça sur les réseaux sociaux. Oui, s'il a un peu de temps, il va regarder toutes les étiquettes.
Bien sûr, bien sûr. Et ici, à Paris, on n'a pas tous une cave enterrée sous l'immeuble, etc. On a souvent un frigo cave. Moi, c'est ce que j'ai. Exactement, mais c'est très bien. Mais voilà, le gars, il a juste à ouvrir le frigo, à servir, quoi, et il repart. Je vous préviens, je n'ai pas une grosse... Merci de ne pas me cambrioler, ok ? Non, mais plutôt que la télé qui est compliquée à prendre et qui va revendre 500€, il prend le Pétrus qui va revendre 500€. Il met dans la poche et c'est parti, quoi. C'est ça, c'est ça. Donc là, attend, on était sur la conservation. Donc, tu m'as dit, le mieux, c'est chez des professionnels qui ont des assurances, etc. Mais si jamais... Peut-être que je me trompe, mais je me dis que moi,
j'irai sur ce niveau-là si je commence à avoir une cave quand même un peu plus importante. Là, je me dis, bon, il y a un peu de bouteilles, et puis alors, je préfère les boire que les conserver, malheureusement. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. La petite pub. Est-ce que le côté, justement, cave-frigo comme ça, c'est bien ? Oui, il y a plusieurs styles de cave-frigo. On va les appeler cave-frigo, des caves de maison, d'appartement. Il y a cave de service et cave de conservation. La cave de service, c'est ni plus ni moins qu'un frigidaire, qu'un frigo. Et la cave de conservation, c'est une cave où il y a justement une hygrométrie contrôlée, donc une humidité contrôlée à l'intérieur.
Des fois, un système antivibration, un filtre à charbon pour paquiller de mauvaises odeurs parce que si la cave est à côté de la cuisine, il y a pas mal d'odeurs qui peuvent arriver dans la cave. Et mine de rien, les odeurs peuvent, au fil du temps, passer à travers le bouchon et contaminer les oeufs. Ça se change, en plus, le filtre à charbon. Ça se change. C'est pas cher. En train de me projeter, en train de me dire il va peut-être falloir que je le fasse. C'est facile à faire. Il faut le faire, bien sûr. Donc, tu as cette option, bien entendu, d'avoir une cave chez toi dans ton salon. Et si tu as, on va dire, moins de 50 bouteilles, c'est très bien, c'est très très bien. Après, encore une fois, moi, je préfère, enfin, si j'ai un investissement
de trois bouteilles et que chaque bouteille vaut 3000 euros, je préfère les mettre chez un professionnel. T'as une idée de prix pour stocker chez un professionnel ? Oui, c'est entre c'est à peu près un euro par bouteille par mois, je crois, à la louche. Ah, c'est pas excessif. C'est pas excessif, non. Ah oui, d'accord. C'est pas excessif. Je crois que c'est entre 50 centimes et un euro cinquante. Donc, ils font vraiment du bon... Je me projette dans le stockage de vin. Je te donnerai des petites adresses tout à l'heure. Business de volume, quoi. Ok, je comprends. Mais voilà, il vaut mieux. Si tu sais que c'est pas des bouteilles que t'es amenée à boire. Peut-être qu'en plus, ça peut t'éviter de les boire. Oui, moi, ça m'a beaucoup aidé pour ça.
Ça m'a beaucoup aidé pour ça. Mais en effet, pour revenir sur la question de tout à l'heure, sur l'achat du vin, parce qu'on n'a pas terminé sur ça. Oui, l'achat et la contrefaçon. Exactement. Il y a aujourd'hui des contrefaçons. Depuis les années 2000, il y a un monsieur qui est malheureusement très connu dans le monde du vin, qui s'appelle Rudy Kurniawan. Et ce Rudy Kurniawan, c'était un faussaire. Je pense, et tout le monde le pense, que c'était le meilleur faussaire dans le monde du vin. Il revendait des bouteilles de dingue à des collectionneurs. Mais en fait, c'était lui qui refaisait le vin dans ces bouteilles-là. C'est-à-dire qu'il prenait des vraies bouteilles avec des vrais bouchons qu'il rachetait sur le second marché.
Par exemple, aujourd'hui, tu vas sur le bon coin. Tu veux acheter une bouteille d'un grand cru connu sur le bon coin. Tu peux trouver des bouteilles à 100, 150 euros. La bouteille est vide. Et les bouchons à 15, 50 euros. Donc voilà. En fait, ce monsieur, il faisait ça. C'est un peu comme les sacs de luxe où ils vendent l'emballage, juste le sac. C'est ça, exactement. Donc il achetait ces bouteilles-là puisque sur certaines bouteilles, mine de rien, t'as des points anti-contrefaçons à connaître. Donc du coup, il se parait de tout problème. Il achetait ces bouteilles-là. Il les buvait avec ses potes ou elles étaient déjà bues, j'en sais rien. Et ensuite, il goûtait tout un tas de vins, parfois des vins assez chers. Il faisait son assemblage
pour que le vin assemblé ressemble le plus possible au vin originellement contenu dans la bouteille. Il rebouchait ça proprement. Il recertissait ça proprement. Il revendait ça. Et voilà. Et ça, il a fait... On peut pas lui retirer qu'il a un petit talent, quand même, parce que pour refaire l'assemblage... Il était doué. Et parce que ça a... ça a bluffé, ça a, comment dire, trompé énormément, énormément, énormément de gens, que ce soit des particuliers ou des professionnels et des collectionneurs, des très grands collectionneurs. Ça a trompé des maisons de ventes aux enchères. Et la petite anecdote, c'est que ce monsieur Kurniawan, il s'est fait attraper à la suite d'une vente en maisons de ventes aux enchères par un propriétaire viticole,
donc un vigneron de Bourgogne, le domaine Ponsot, parce que Rudy Kurniawan avait mis dans cette vente aux enchères un millésime d'une cuvée qui n'avait pas été produite par le vigneron. C'est-à-dire qu'il avait mis un clos Saint-Denis de ce domaine, un clos Saint-Denis, c'est un grand cru en Bourgogne, sur un millésime que le vigneron n'avait jamais produit. Voilà. En gros, le vigneron a produit... a commencé à produire ce cru l'année d'après. Et Rudy Kurniawan... Grosse erreur fatale. Très grosse erreur. Et du coup, il s'est fait attraper pour ça. Il a fait des années de prison, etc. Et il y a eu un très gros processus. Il y a eu un très gros processus. Ok. Bon, petit aparté. J'ai une dernière question parce qu'on arrive à la fin de nos 30 minutes.
On a même dépassé un peu, je crois. J'ai acheté ces bouteilles. Je les conserve. J'ai pris mon assurance. J'ai pris ça. Tu les as pas bu ? Je les ai pas bu. Promis. Comment je les revends ? Comment tu les revends ? Il y a plusieurs options. Alors, il faut savoir déjà que le vin, c'est un passion asset. C'est un placement de passion. C'est tangible. Et quelque chose de tangible, c'est moins liquide. Bien sûr. C'est marrant de dire ça pour le vin, mais c'est moins liquide. Et du coup, une revente de vin, ça peut prendre un mois à six mois. C'est pas si on a besoin d'argent. Si on est pressé, on perd de l'argent. Dans le sens où si on est pressé, on revend au premier venu et il va négocier le prix. Donc déjà, il faut pas être pressé.
Ensuite, pour revendre, on a le choix entre plusieurs propositions. Donc, les propositions que tout le monde connaît, le bon coin, les sites de vente aux enchères, eBay, etc. Catawiki, des choses comme ça. C'est là où on voit de tout, on voit de rien, que ce soit en termes d'offres ou en termes de demandes. Mais c'est peut-être là où tu peux faire aussi les bonnes affaires ? C'est des fois là où tu peux faire les bonnes affaires. Une revente par rapport à un héritage ou quelque chose comme ça, c'est là aussi où tu peux faire les bonnes affaires en effet. Il y a aussi les reventes via des professionnels. Donc, on propose de son stock à un professionnel qui rachète ce stock et qui le revend ensuite. Il le rachètera moins cher que le prix du marché.
Mais d'un autre côté, on vend tout le stock d'un coup. On n'a plus besoin de faire on appelle ça de l'épicerie, de vendre une bouteille par une bouteille par une bouteille. Parce qu'en effet, si on a commencé à investir avec des bouteilles à 50 euros et qu'elles ont augmenté à 80 euros, vendre 80 euros une fois 80, une euro deux fois 80, trois fois, au bout d'un moment, on ne va pas s'en sortir. Autant vendre en stock, vendre en lot, pardon, à des professionnels. Ou alors, on a d'autres options et après, c'est rencontrer les bonnes personnes et ces personnes en du réseau et connaissent des collectionneurs qui sont prêts à acheter ces bouteilles. Merci. Bon, je crois qu'on a dépassé le temps. Mais ce n'est pas grave, c'est trop intéressant.
Il y a plein de trucs et plein de questions que je ne t'ai pas posé. Il y a plein de réponses que je ne t'ai pas données parce que j'en ai beaucoup aimé. Donc il va falloir qu'on se reparle parce que c'est vraiment top. Merci pour cet épisode. Avec plaisir, merci. Où est-ce qu'on peut te retrouver ? Vous pouvez me retrouver sur Instagram, tout simplement valentin_vinum. Ok, donc on mettra ça dans la description. J'espère que, comme moi, vous avez appris beaucoup de choses, que ça vous a donné envie d'investir dans le vin ou d'ouvrir une bonne bouteille. Peut-être aussi. Et on se retrouve bientôt pour un nouvel épisode. Comme on t'a pu le voir dans cet épisode, investir dans le vin peut offrir de très belles performances,
mais c'est aussi un marché particulier, moins liquide, plus émotionnel et beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Entre la sélection des bouteilles, le stockage, l'authenticité ou bien la revente, la rentabilité ne dépend pas seulement du vin lui-même, mais aussi énormément de la stratégie d'investisseur. Si cet épisode t'a été utile, aide-nous à le faire connaître. Partage-le, abonne-toi et rejoins la communauté sur les réseaux. Tu peux retrouver Out of the Box sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer et Amazon Music. On se retrouve très bientôt pour un prochain épisode. À bientôt !
Valentin Grinon
Valentin Grinon est chef sommelier à Villa La Coste, un palace proche d'Aix-en-Provence, où il gère les achats de vins, la stratégie tarifaire et les accords mets et vins. En 2018, il a cofondé une société qui sélectionnait les vins de mariages et sourçait des bouteilles rares pour des collectionneurs du monde entier, de Hong Kong à New York.
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