S'expatrier pour payer moins d'impôts : comment changer de résidence fiscale sans commettre d'erreur ?
S'expatrier pour payer moins d'impôts, est-ce vraiment aussi simple qu'on le pense ? Résidence fiscale, double imposition, risques de redressement : Maître Mathieu Giordano, avocat fiscaliste, démêle les vraies règles de la fiscalité internationale, sans langue de bois.
S'expatrier pour payer moins d'impôts, est-ce vraiment aussi simple qu'on le pense ? Résidence fiscale, double imposition, risques de redressement : Maître Mathieu Giordano, avocat fiscaliste, démêle les vraies règles de la fiscalité internationale, sans langue de bois.
Au programme de cet épisode
- Peut-on s'expatrier uniquement pour payer moins d'impôts ?
- Les critères qui déterminent votre résidence fiscale
- Pourquoi un véritable projet de vie est indispensable
- Les erreurs qui peuvent conduire à un redressement fiscal
- Les risques de la double résidence fiscale
- Les pays les plus attractifs pour une expatriation
- Comment préparer son départ avant de quitter la France
- Les idées reçues sur Dubaï, le Portugal ou la Suisse
Transcription de l'épisode
Transcription intégrale (environ 5522 mots), générée automatiquement puis relue. Elle peut contenir de légères imperfections.
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Si tu veux respecter la loi, il faut absolument que tu sois plus de 6 mois en dehors du seuil français. Il y a des contrôles qui sont faits, t'es tellement ficelé de tous les côtés que les gens, ils commencent à basculer un peu du côté obscur parce que justement ils n'en peuvent plus. Tu ne veux plus être résident fiscal français, il faut avoir un vrai projet de vie à l'étranger et vraiment partir. Quand tu veux partir dans un pays, le mieux c'est d'avoir ton avocat ou ton conseil français pour la partie française et d'avoir un autre conseil sur place parce que lui, il va avoir toute la technicité. On est un pays où globalement, chaque fois que tu pars dans un autre pays, tu auras une fiscalité plus avantageuse que la nôtre.
Pour payer moins d'impôts, j'ai posé les vraies questions à mon fiscaliste. Partir à l'étranger pour payer moins d'impôts sur les réseaux, ça paraît souvent Dubaï, Portugal, Malte. On voit passer énormément de contenu qui donne l'impression qu'il suffit de prendre un billet d'avion pour ne plus payer d'impôts en France. Mais la réalité fiscale, elle est souvent beaucoup plus complexe que tout ça. Résidence fiscale, taxes, société, patrimoine, revenus français, contrôle de l'administration. Aujourd'hui, j'ai posé les vraies questions à un fiscaliste pour comprendre ce qu'il est réellement possible de faire et surtout les erreurs qui peuvent coûter très cher. Tu peux retrouver Out of the Box sur YouTube et sur toutes les plateformes d'écoute.
Spotify, Apple Podcasts, Deezer, Amazon Music. Et bienvenue dans un nouvel épisode d'Out of the Box. Pour celles et ceux qui s'intéressent à l'immobilier mais qui n'ont pas forcément envie de gérer les contraintes du locatif, les travaux, les locataires, la gestion du quotidien, il existe une autre façon d'investir dans la pierre, les SCPI. Le principe est assez simple. Vous investissez dans une société qui détient un portefeuille d'actifs immobiliers, par exemple des bureaux, des commerces ou d'autres types d'immeubles, voilà. Et toute la gestion est assurée par une société spécialisée. Concrètement, vous devenez associé de ce patrimoine immobilier mutualisé et vous percevez une part des loyers générés.
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Est-ce qu'on peut s'expatrier pour payer moins d'impôts ? Est-ce que ça vaut vraiment le coup ou pas ? C'est vrai qu'on va avoir tendance à avoir pas mal de gens à Dubaï avec les chaînes en or, les voitures, le lifestyle qui va avec. Vous te dites est-ce que vraiment je peux faire du business, rester les doigts de pied en éventail dans la piscine et chiller et profiter de la life ? Puisque c'est aussi le but, profiter de la vie, j'en suis convaincue mais c'est pour ça qu'on va retrouver le maître Mathieu Giordano qui est mon fiscaliste, celui qui gère aussi toute ma vie, la structuration de société et également toute la vie de mes élèves puisque je renvoie tout le monde vers lui. On va parler donc de s'expatrier pour payer moins d'impôts.
Bonjour Mathieu. Bonjour Elmine. Comment vas-tu ? Toujours très bien quand je suis ici, aussi bien accueilli. Merci, c'est gentil. Alors Mathieu, je te laisse te présenter déjà. Mathieu Giordano, avocat au barreau d'Aix-en-Provence et également à Paris. J'ai un cabinet qui s'appelle Aix-Law et où notre domaine d'activité, c'est la fiscalité et le droit des sociétés. Un monde plein de sujets, ça doit être bien complexe à vivre au quotidien. Allez, on va dans le vif du sujet. Donc quelles sont les conditions réelles pour être considérés non résidents fiscales français ? En fiscalité, tu as l'impôt sur le revenu. Tout le monde connaît. Tu vas déclarer au mois de mai les revenus que tu as eu l'année d'avant. Donc l'impôt sur le revenu, c'est un impôt très particulier
où l'Etat français a choisi ce qu'on appelle un système de mondialité. Donc mondialité, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand tu es résident français, tu es censé payer ton impôt sur le revenu sur tous les revenus que tu as au niveau mondial. Les revenus français, mais également les revenus étrangers. Comment ça se passe un peu opérationnellement que j'arrive à avoir une image ? Par exemple, tu vas faire deux mois comme salarié aux États-Unis. Tu es censé normalement déclarer ces deux mois dans ta déclaration d'impôt sur le revenu français. Mais j'aurais quand même payé les impôts là-bas ? Alors le risque, c'est ce qu'on appelle la double imposition. Parce que forcément, toi aux États-Unis, tu vas avoir sur ces deux mois une fiscalité américaine
qui va s'appliquer et tu as un risque d'avoir une double imposition. Cette double imposition, elle est réglée la plupart du temps grâce aux conventions fiscales internationales. La France a signé des conventions fiscales internationales avec une quantité de pays vraiment très importante. Ça veut dire que chaque convention fiscale internationale, donc tu as une convention avec les États-Unis par exemple, qui va prendre tous les types de revenus et va dire dans tel cas, c'est imposable en France ou c'est imposable aux États-Unis. Voire il y a des techniques, c'est-à-dire dire j'enlève de l'impôt sur le revenu français l'impôt que j'ai payé aux États-Unis. D'accord, ok. Donc l'idée, le principe de base qui est le principe légal,
c'est tous les revenus mondiaux sont imposables en France quand on est résident français. Et ensuite, dès qu'il y a une double imposition, je passe à l'échelon au-dessus, c'est-à-dire je ne suis plus au niveau de la loi, mais je suis au niveau des conventions internationales qui disent dans un cas de double imposition, c'est-à-dire je suis imposé à l'étranger et également imposé en France, dans ce cas-là, on règle les problèmes sur tel revenu que je vais avoir, soit tel pays qui va imposer, soit l'autre, soit les deux, mais avec... Il y a un code à respecter en fait. Voilà, et la difficulté, c'est que les conventions fiscales internationales sont souvent sur le même cadre, c'est-à-dire qu'elles se ressemblent,
il y a notamment le modèle OCDE, mais chacune est différente, c'est-à-dire qu'elles souvent se ressemblent, mais il y a une subtilité et il y a une manière d'imposer qui va être différente en fonction des pays. Donc aujourd'hui, même nous, quand tu pratiques de la fiscalité, tu ne connais pas par cœur toutes les conventions fiscales internationales puisqu'il y en a quasiment une par pays. Donc tu es obligé, à chaque fois, quand tu as des revenus étrangers, d'aller regarder la convention fiscale internationale et de te dire est-ce que ça rentre ou pas dans l'imposition, comment, et donc là, on travaille après sur la déclaration fiscale pour savoir la manière dont on doit déclarer et est-ce que c'est imposable ou pas en France.
Mais ça, la convention fiscale internationale, c'est dès que tu as une double imposition, mais là, au principe, et c'est ça qui est intéressant, c'est de dire à partir du moment où je suis résident français, normalement, de la loi, je dois avoir tous mes revenus mondiaux qui sont imposables en France. Donc la question qui était quelles sont les conditions réelles pour être considérés comme non résidents, ça veut dire que ça nous amène à quand est-ce qu'on est résident français ou pas. Donc on est résident français quand on est sur le territoire français ? En partie. Ou qu'on déclare nos impôts en France ? Alors la résidence française, déjà, première chose, et on va l'écarter parce que c'est important aussi de le dire,
ce n'est pas lié à ta nationalité. Ce n'est pas parce que tu es de nationalité française que tu es obligatoirement résident français. Et inversement, ce n'est pas parce que tu es de nationalité étrangère que tu n'es pas résident français. Tu as des critères qui sont prévus par le Code général des impôts, qui sont des critères qu'on appelle alternatifs. Et ça, c'est important aussi de le voir, c'est-à-dire qu'à partir du moment où tu réponds à un seul de ces critères, on va estimer que tu es résident fiscal français. Donc dans ces critères, tout le monde connaît. Je vais essayer de voir si tu suis. Les fameux six mois. Pour moi, ce n'était pas huit mois de résidence principale, non ? Non, c'est six mois. Six mois ?
Tu vois, c'est plus court que ce que je pensais. Les fameux six mois. Donc on entend toujours dire... Moi, j'ai des clients qui me disent si je reste plus de six mois à l'étranger, je suis obligatoirement résident fiscal étranger. Les gens se disent, je fais six mois en France, six mois à Bali, ce genre de choses, c'est ça ? Ce n'est pas suffisant. C'est un des critères. En réalité, les critères, c'est le foyer. Donc, est-ce que tu as ton foyer, ta famille en fait, en France ? Et quand on parle famille, c'est donc tout ce qui est, mariage, pax et enfants. Je te propose pour l'exemple qu'on prenne moi. Ça sera peut-être plus simple et peut-être que l'image sera plus facile pour les gens. On se dit que moi aujourd'hui,
donc je suis entrepreneur en France, j'ai des sociétés, je fais de la création de contenu et je suis mariée et j'habite à Issy-les-Moulineaux. Donc là, en l'occurrence, je te dis, j'en ai ras-le-bol, je me fais trop imposer en France, je veux partir. Donc tu veux partir. On va regarder les différents critères. Premier critère, est-ce que tu as ton foyer familial en France ? Si ton mari reste en France et travaille en France, toi, tu as beau partir à l'étranger. On va estimer que tu es encore résidente fiscale française parce que tu as ton foyer en France. Premier critère. Donc déjà, on pourrait déjà s'arrêter là si ton mari reste ici. Oh bah c'était court comme étude. Voilà, deuxième question. Donc attends, ça veut dire que t'as des gens tu sais qui,
par exemple, qui s'entendent plus mais qui n'ont pas divorcé. Il y en a un qui se dit écoute, c'est bon, moi, je me casse. Mais en fait, l'autre, s'il ne veut pas signer les papiers du divorce, tu peux te retrouver dans la guerre. Alors je n'ai jamais eu ce cas, c'est hyper intéressant, mais oui, la question se pose quoi. Donc tu as ce premier critère. Deuxième critère, c'est est-ce que je passe plus de six mois ou pas à l'étranger ? Alors celui-là, il revient souvent. Pourquoi ? Parce que c'est un critère objectif. Tu te dis à partir du moment où je suis plus de six mois à l'étranger, c'est bon. Donc là, c'est assez facile de répondre à ce critère, c'est qu'il faut partir plus de six mois de la France. Il faut être sur le sol, mais vraiment, pour le coup, vraiment.
Et si moi, là, tu vois, je te dis, OK, j'ai envie de me... Dubai, allez, Dubai, c'est ce qui ressort le plus souvent. Dubai, Bali, bon voilà. Mais je te dis, oui, mais six mois, c'est chaud. Enfin, c'est quand même ultra long. Je pourrais y passer potentiellement deux, trois mois. Mais vas-y, comment je peux faire ? Alors moi, je vais te dire que si tu veux respecter la loi, il faut absolument que tu sois plus de six mois en dehors du sol français. Il y a des contrôles qui sont faits ? Il y a des contrôles qui sont faits. Et aujourd'hui, l'administration fiscale va utiliser la méthode du faisceau d'indice. C'est quoi ça ? C'est-à-dire va regarder ton téléphone, savoir si jamais tu as fait telle ou telle commande,
est-ce que tu as payé avec ta carte bleue ? Si tu te prends en photo aussi sur les réseaux sociaux, si tous les jours tu te prends en photo devant la Tour Eiffel, ça va être compliqué de dire que tu n'étais pas en France. Ce n'est pas compliqué maintenant avec l'intelligence artificielle. Tu peux prendre... Je me localise et tout. Voilà, mais ça s'appelle la fraude, là, alors. Oui, mais tu te dis dans l'esprit des gens, le sujet, je pense qu'il faut aussi le dire, c'est que tu es tellement ficelé de tous les côtés que les gens commencent à basculer un peu du côté obscur parce que justement, ils n'en peuvent plus. Donc, je comprends en même temps. Moi, je sais que dans ma situation, bon, de toute façon, je n'ai ma famille ici,
j'ai mon mari ici, j'ai mes activités ici, je ne peux pas partir. Mais pour quelqu'un qui voudrait, tu ne vois pas assez un peu cette frontière, ça se fait quand même. C'est dans un monde où il y a de la technologie partout, ça devient extrêmement difficile de cacher à l'administration fiscale le temps et le lieu de résidence. Oui. Parce qu'aujourd'hui, qui n'a pas son téléphone dans la poche, qui n'a pas une carte bleue, tu prends ta voiture, tu prends l'autoroute, tu vas payer les péages.
Il n'y a pas un moment où, en fait, tu n'es pas tracé pour telle ou telle raison. Donc aujourd'hui, si vraiment tu ne veux plus être résident fiscal français, il faut vraiment partir. D'accord. Totalement déménager avec famille, enfants... Donc, on l'a vu, c'est le foyer, c'est le temps que tu passes là-bas, même plus de six mois. Mais c'est aussi tes activités professionnelles et le centre de tes activités économiques. Donc, ça veut dire que si tu gardes toutes tes sociétés, tout ton business en France, et que tu dis, je pars à Dubaï, et je pars plus de six mois avec ma femme et mon enfant... Parce que j'en ai marre de l'URSAF, la TVA, etc. Voilà, ça ne marche pas. Donc, en réalité, partir à l'étranger et s'expatrier,
c'est un projet de vie, ce n'est pas que de la fiscalité. Il faut vraiment partir et il faut vraiment s'installer à l'étranger et respecter les différents critères. Moi, j'ai pu entendre que certains... Je parle vraiment ouvertement, comme c'est un projet que je n'ai pas prévu de faire. Je sais que... Allez, tu vois, mais j'entends ce qui se passe et ce qui se fait un peu. Tandis qu'ils prennent aussi justement des gens là-bas, peu importe le pays, pour pouvoir ouvrir une boîte avec un associé qui est sur place et pour justifier le fait d'avoir une boîte avec une activité économique qui soit à cet endroit-là. Qu'est-ce que tu en penses de ça ? En fait, le problème, c'est que tu vas être à risque tout de suite parce qu'il y aura toujours un élément que tu as oublié
et tu vas toujours utiliser ton téléphone ou faire une action qui va montrer que tu n'es pas là. Et les risques sont énormes. C'est-à-dire que si tu as un contrôle fiscal, aujourd'hui, le contrôle fiscal, si ça aboutit à des problématiques internationales, tu peux avoir des majorations qui peuvent... Normalement, on est souvent sur des majorations à 40% quand il y a un contrôle fiscal, ce qui est déjà beaucoup, mais quand il y a des problématiques internationales, on peut aller à 80%, voire plus. Après, tu mets une casquette et personne ne te connaît. Imagine qu'on revienne... Et la prescription, elle peut aller jusqu'à 10 ans sur certaines nations internationales. Imagine qu'on revienne vers toi sur plusieurs années
en te disant que tu dois payer tout l'impôt sur le revenu que tu n'as pas payé durant ces différentes années. Plus, tu vas rajouter toutes les majorations, c'est-à-dire que tu vas quasiment doubler l'impôt à cause des majorations. C'est la catastrophe. Moi, j'aurais tendance à dire, et c'est ce que je dis à mes clients, c'est de ne pas jouer à ça. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle et là, pour le coup, pas vraiment ? Pas du tout, parce que si demain, on se rend compte que tu es quand même sur le territoire français, alors même que tu as déclaré que tu étais plus résident, les conséquences fiscales vont être majeures. Donc moi, mon avis, c'est tu ne veux plus être résident fiscal français, il faut avoir un vrai projet de vie à l'étranger
et vraiment partir. Faut vraiment partir. Ce n'est pas du fake. Là, on ne fait pas quoi. Pas de fake, parce que c'est de la fraude fiscale et tu vas te retrouver avec des problématiques mais qui sont majeures avec des... Et encore, je ne parle que de l'aspect fiscal. On n'a pas de pénal dans ces moments-là ? On pourrait potentiellement avoir une partie pénale aussi. Donc c'est quand même dommage, il faut vraiment partir. Moi, je reste dans 92. C'est bon. Mais la difficulté qu'on a, c'est que ces critères-là ne sont pas si simples. Le fait de partir plus de 6 mois à l'étranger, c'est pour ça que tout le monde en parle, c'est que c'est objectif. Donc ça, c'est assez facile. Tu dis, je pars à Dubaï 7 mois dans l'année et c'est bon.
Quand tu es tout seul en plus, t'es célibataire, tu peux poser la question. Ça ne dépend que de toi. Ça, c'est facile. Mais par contre, les autres critères sont plus compliqués parce que le centre des activités économiques, c'est un peu moins clair. Si tu fais une bonne partie de ton business en France mais une autre à l'étranger, est-ce que j'ai le centre d'activité économique en France ou pas ? Encore une fois, on prend mon activité comme référence. Moi, je vends aussi de la formation d'investissement immobilier. Je sais que je peux avoir des confrères qui le font également ou sur d'autres formations, de l'entreprenariat, peu importe. Donc, ça veut dire que si tu déménages là-bas mais qu'en réalité, tu fais du business là-bas
mais que la majorité de tes clients sont en France. On pourrait imaginer si tous tes clients sont en France, que ta société est en France et qu'en fait, ta principale source de revenu, voire l'unique source de revenu, elle provient de France, sur une société française. On pourrait imaginer que tu as ton centre d'activité économique en France et alors même que tu es vraiment parti à Dubaï, que tu y passes même 12 mois sur 12 et que tu as ta famille sur place, ça suffira pas parce que les critères sont alternatifs et qu'on va regarder chaque critère et dès que le critère vient ouvert, tu passes directement au résident fiscal français. Donc, il faut faire une étude préalable quand tu veux partir pour être sûr que tu vas vraiment être résident étranger
et pas résident fiscal français. Et il faut bien faire attention parce que parfois aussi les clients se trompent et me disent « oui mais sur place, j'ai eu une carte de résident du pays, etc. » Sauf que la France, en fait, la règle de droit à l'étranger ne s'applique pas sur le sol français. Les critères, ce sont les critères français. Donc, potentiellement, tu pourrais avoir un autre pays qui te considère comme résident, mais la France va te considérer également comme résident fiscal français. Tu reviens ici. Tu reviens ici, voilà. Ok, alors pour ça, il y a un truc tout de suite qui me vient à l'esprit, c'est que je me dis « mais comment c'est possible qu'on voit autant de gens à Dubaï qui vendent aux Français sur les réseaux
et que ces gens-là ne se font pas retoquer ? » Alors, tu peux avoir aussi un business qui est international, par exemple, où tu vas vendre à d'autres pays, à des pays francophones, mais pas qu'à des pays français, par exemple. Tu peux avoir aussi des gens qui, pour l'instant, ça passe, mais leur dossier n'est pas encore passé dans les mains de l'administration fiscale. Dans ce cas-là, on se dit, peut-être, tu vends des produits d'e-commerce, donc là, il faut vendre dans le monde entier et ça passe, ok. Si tu fais de la formation, il faut pouvoir vendre en France, mais peut-être aussi en Belgique. Et regarder aussi le volume des deux, c'est-à-dire que si tu vends 1000 formations en France et tu en vends deux en Belgique, ça ne va pas...
Il faut répartir, peut-être aussi à quelques Canadiens pour venir répartir le risque. Ok, je comprends. Donc, ça veut dire que quand tu pars, tu ne peux pas te dire juste « je pars et je vais juste calculer le nombre de temps que je passe à l'étranger », c'est bon, pas suffisant. Il faut vraiment faire une étude et réfléchir sur la résidence et donc sur ces différents critères. Et il faut vraiment faire attention parce qu'après, les conséquences fiscales peuvent être majeures. Et puis en plus, il paraît que quand tu pars, il y a quand même une énorme majorité qui revient. Oui, parce que c'est un projet de vie. En fait, c'est toujours pareil, la fiscalité, c'est une notion hyper importante, mais ce n'est pas suffisant.
C'est-à-dire que tu ne tiendras pas des décennies à l'étranger si il n'y a pas un vrai projet sur place et si le seul projet, c'est de ne pas payer d'impôts. Oui, et puis si tu restes à la famille ici, et le risque, c'est que progressivement, tu tendes à revenir sans le dire et que tu reviennes dans les mauvais, dans les travers de ces différences. Et là, on t'attend. Parce que la plupart des clients, et je vois dans tes questions, la plupart des gens, ce qu'ils veulent, c'est partir, mais pas totalement. Mais en fait, on veut tout. En fait, ils veulent la fiscalité étrangère, mais en même temps, rester sur le sol français. Et ça, ce n'est pas possible, en tout cas légalement. Dommage, on ne pousse pas les entrepreneurs à créer de la valeur.
T'imagines, assez en France, on nous pousse à partir tellement on est imposé lourdement, alors qu'on pourrait garder beaucoup de talents, je pense, sur le sol français. Est-ce que la France peut toujours taxer, même quand tu vis à l'étranger, en l'occurrence, par rapport à ce que tu viens de me dire, c'est que oui, mais alors comment ça se passe ? Alors après, si tu n'es pas résident fiscal français, par contre, les revenus, même quand tu es résident étranger, certains revenus que tu vas pouvoir avoir sur le sol français vont continuer à être imposables en France. Notamment, par exemple, les revenus immobiliers. Donc si tu as un gros patrimoine immobilier qui te génère la majorité de ton revenu par des revenus fonciers ou autres,
tu vas continuer à payer de l'impôt. Donc en fait, ton départ à l'étranger... Tu viens juste le compenser par rapport à, je dirais, le quotidien qui va être moins cher selon le pays où tu vas. Voilà, après, c'est d'autres notions que la fiscalité. Bien sûr, ok. Donc c'est pour ça que si demain tu dis mon projet, c'est de partir, c'est de m'expatrier, c'est un vrai projet et il faut tout regarder, y compris les potentiels revenus qui pourraient être fiscalisés, quand bien même, je suis toujours ici. C'est pour ça que si tu as un gros patrimoine immobilier qui représente la majorité de tes revenus, c'est pas forcément opportun de penser à l'expatriation. Mais oui, c'est pas si simple en réalité.
Dubaï, Portugal, Malte. Quelle différence concrète et quel piège ? Alors là, j'ai cité trois pays, mais peut-être que tu en as d'autres en tête. Est-ce que là, en 2026, on a toujours, je dirais, des paradis fiscaux qui existent ou pas ? Alors, moi, je fais de la fiscalité, je fais de la fiscalité française. Donc je vais pas te dire que je vais être un spécialiste de toutes les fiscalités de tous les pays. Et quand tu veux partir dans un pays, le mieux, c'est d'avoir ton avocat ou ton conseil français pour la partie française et d'avoir un autre conseil sur place parce que lui, il va avoir toute la technicité que nous, on ne peut pas avoir de l'étranger sauf à avoir quelques notions. Bon voilà, par exemple, Dubaï, tu sais que tu vas payer
quasiment pas d'impôt sur le revenu et autres. Mais nous, on a des notions générales. Après, moi, ce que déjà, premier conseil, c'est de prendre vraiment des gens qui sont sur place parce qu'eux, ils vont connaître la fiscalité et tout le droit qui est applicable à leur juridiction. Donc ça, c'est la première des choses. Aujourd'hui, c'est vrai que les clients privilégient donc évidemment Dubaï. C'est une des destinations qui revient le plus. Bien que dernièrement, bon... Alors, c'était le cas dernièrement beaucoup moins, ce qui montre aussi qu'un départ à l'étranger, le facteur fiscal, c'est un des éléments, mais pas seulement. C'est-à-dire que partir à l'étranger, c'est être dans un autre pays, être soumis à des problématiques que potentiellement
tu n'aurais pas actuellement en France. Donc, c'est un vrai projet de vie. On l'a vu avec la sécurité, il y en a beaucoup qui ont remis en question leur choix, qui ont été aussi critiqués pour ça. C'est pas simple. Là, bizarrement, ils avaient aussi envie de revenir. Et en même temps, tu ne veux pas leur jeter la pierre parce que tu dis, bien sûr, tu as envie de revenir en sécurité et nous, on l'est. Donc, c'est aussi normal, même si tu as envie de leur dire, oui, mais tu n'as pas voulu payer des impôts, pourquoi ? Mais oui, c'est un chemin. Et tu as différentes strates aussi de départ, c'est-à-dire que si tu pars dans un pays de l'Union européenne, c'est déjà différent. Bien sûr. Mais si tu pars dans un pays hors de l'Union européenne
parce que les démarches sont plus complexes et qu'aujourd'hui, tu as une facilité de mouvement au sein de l'Union européenne qui est... Voilà, la seule limite aujourd'hui, presque, je dirais, c'est la lampe, quoi. Voilà. C'est vrai. Parce que sinon, tu peux t'installer où tu veux dans l'Union européenne. Et là, tu as donc des pays qui te reviennent, qui sont les responsables ? Il y a eu une époque où il y a eu beaucoup le Portugal, notamment parce qu'il y avait des notions intéressantes du point de vue fiscal pour les retraités, ce qui n'est plus vraiment le cas depuis 2-3 ans, je crois. Oui, 2024, je crois. Donc, il y avait ça. Il y a eu aussi le Portugal, c'était aussi beaucoup pour la crypto-monnaie. Alors, la crypto-monnaie, oui,
il y a eu beaucoup de gens qui sont partis à un moment parce que tu avais des pays où tu payais pas la plus-value. Donc ça, c'est certain que si tu avais investi très peu et que tu avais une plus-value énorme... Tu prends plusieurs millions, bizarrement, bon... Tu réfléchis au départ. Tu as aussi... Tu avais ta Malte aussi qui revient aussi actuellement parce que ça reste quand même... Il y a une fiscalité qui est plus basse. Donc là aussi, on revient là-dessus. Dubaï, jusqu'à maintenant, c'était la destination phare des gens qui voulaient s'expatrier. On verra en 2026 ce qui va se passer. En tout cas, j'ai beaucoup moins de demandes ces dernières semaines, voire pas du tout. Oui, parce que où partent les gens ?
Bon, à part Dubaï ? La plupart du temps ? Alors, on est un pays où globalement, chaque fois que tu pars dans un autre pays, tu auras une fiscalité plus avantageuse que la nôtre. C'est vrai. Merci. Il faut être quand même réaliste. Aujourd'hui, on fait partie des pays où la fiscalité est la plus élevée. Dès que tu vas même dans un pays qui n'est pas... Alors, tu me parlais de paradis fiscaux, ça, c'est encore autre chose. Mais dès que tu pars dans d'autres pays, tu vas potentiellement avoir une fiscalité qui est plus intéressante. Alors après, chaque pays a un peu sa spécificité. Tu as l'Irlande, par exemple, qui est plutôt un impôt sur les sociétés faibles, donc qui attire les sociétés. Tu vas avoir à l'époque le Portugal qui attirait les retraités.
Tu vas avoir chacun à essayer de... Chacun à son lot pour attirer une typologie de personne. C'est vrai qu'au Portugal, ils ont dû se retrouver avec un vieillissement de la population. Et l'Irlande, tu vois, Pôle-Inde boite là-bas. L'État français, il doit bien se dire... Il voit les sociétés se monter, non ? On voit des virements qui se font, non ? Alors, il y a quand même des limites au départ. Par exemple, il a été mis en place l'exit tax. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de ça. C'est-à-dire qu'on va t'imposer sur toutes tes plus-values latentes. C'est-à-dire que si jamais tu t'en vas, on te dit je te sanctionne. Tu t'en vas. Tu payes sur, par exemple, ta société, si elle a pris, elle valait quand tu ne l'as créé rien
et elle vaut 10 millions. Tu vas déclarer la plus-value sur les 10 millions, alors même que tu ne l'as pas vendue. Et donc, il y a des mécanismes de sursis. Je ne peux pas partir si je n'ai pas payé. Alors, il y a des mécanismes de sursis qui sont différents si tu l'appliques dans un départ au sein de l'Union européenne ou ailleurs. Mais tu as quand même des dispositifs qui ont été mis en place et qui sont là pour essayer de limiter le départ. C'est fou parce qu'ils ne veulent pas que tu te barres, mais ils ne veulent pas t'aider à rester non plus. Donc, en fait, tu es un peu goulot d'étranglement et c'est fou. Donc, si tu veux partir à l'étranger, à chaque fois mes clients, je dis que ce n'est pas suffisant
de dire que c'est juste pour la fiscalité, que c'est uniquement pour la fiscalité. Il faut que ça soit un projet de vie parce que si tu veux que ça fonctionne, déjà, il faut répondre à tous les critères. Donc, répondre à tous les critères, ça veut dire qu'il faut organiser ta vie différemment. Et ensuite, il faut accepter de vivre à l'étranger et de vraiment vivre à l'étranger. Parce que sinon, si tu tends vers une résidence non déclarée en France, si tu t'es un peu border, un moment ou un autre, tu risques de te faire avoir. Et là, les conséquences sont majeures. Et dans l'actualité, on en entend parler souvent. Et puis, en plus, je pense que tu ne dors pas bien, tu ne te regardes pas, tu es toujours là en train de te dire
oulala, est-ce que je vais falloir recevoir un courrier ou des gars qui vont toquer à ma porte ? Je comprends. OK, écoute, merci beaucoup Mathieu pour toutes ces réponses. Donc, moi, je reste en France. Voilà, toi aussi, on reste là. Où est-ce qu'on peut te retrouver ? Alors, mon cabinet est à Aix-en-Provence et à Paris. Mais en réalité, on a des clients dans toute la France parce qu'aujourd'hui, avec la visio et toutes les technologies, il n'y a aucun souci, on a des clients dans toute la France. Voilà, c'est pour ça que je suis aussi cliente. Voire à l'internationale. Ah, voilà, si vous êtes à Dubaï, si vous nous écoutez. Bon, j'espère que l'épisode vous a plu, que vous avez pu apprendre plein de choses. N'hésitez pas à nous le dire, à laisser des commentaires.
Et on se retrouve pour un prochain épisode d'Out of the Box. S'expatrier pour payer moins d'impôts, c'est pas juste une question de destination. C'est une décision qui touche vraiment à ta fiscalité, au patrimoine, à la structure de tes revenus, mais aussi à ton mode de vie et à ta stratégie long terme. Et entre les promesses qu'on voit sur les réseaux et la réalité des règles fiscales françaises, il y a souvent un énorme écart. Le plus important, c'est pas seulement de payer moins d'impôts, mais c'est aussi de construire quelque chose de cohérent, légal et durable dans le temps. Tu peux retrouver cet épisode en vidéo sur YouTube et en audio sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et Amazon Music. Si cet épisode t'a été utile, pense à t'abonner,
à laisser une note et à partager autour de toi. À très vite dans un nouvel épisode d'Out of the Box.
Mathieu Giordano
Maître Mathieu Giordano est avocat fiscaliste, fondateur du cabinet Exelot. Il accompagne entrepreneurs et investisseurs dans l'optimisation légale de leur fiscalité personnelle, patrimoniale et internationale.
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