Épisode 05 · Fiscalité

PER : arnaque fiscale ou vraie opportunité d'optimisation pour investissement ?

🎙️ Alexandre Coutinho · Expert en gestion de patrimoine ⏱️ 23 min 📅 6 avril 2026

Le Plan Épargne Retraite divise les investisseurs. Avantage fiscal réel ou piège à long terme ? Tour d'horizon sans filtre des forces et des limites du PER avec Alexandre Coutinho, expert en gestion de patrimoine.

Alexandre Coutinho — PER : arnaque ou vraie opportunité ?

Le Plan Épargne Retraite divise les investisseurs. Avantage fiscal réel ou piège à long terme ? Tour d'horizon sans filtre des forces et des limites du PER avec Alexandre Coutinho, expert en gestion de patrimoine.

Au programme de cet épisode

  • Comment fonctionne réellement le PER
  • L'avantage fiscal à l'entrée : pour qui ça vaut le coup
  • La fiscalité de sortie : capital vs rente
  • PER bancaire vs PER assurance : différences clés
  • Les frais à surveiller absolument
  • Cas concrets : TMI 30%, 41%, 45%
  • Quand le PER n'est PAS une bonne idée

Transcription de l'épisode

Transcription intégrale (environ 4306 mots), générée automatiquement puis relue. Elle peut contenir de légères imperfections.

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Si j'ai 10 000 euros par exemple, je suis imposé à hauteur de 30% donc je suis censé payer 3 000 euros d'impôts. Paul économise donc 3 000 euros d'impôts, soit 30% de 10 000 euros. Si vous avez une tranche d'imposition démis au-delà de 30%, le PER est indispensable parce que vous faites partie de ceux qui payent des impôts.

Bienvenue dans Out of the Box, un format simple, 30 minutes pour comprendre l'investissement en répondant à une question. Du concret, des chiffres, de la stratégie. Et aujourd'hui, on aborde le sujet du PER. Le PER permet-il vraiment de payer moins d'impôts ? C'est parti, on aborde ça tout de suite. Et on se retrouve aujourd'hui avec Alexandre Coutineau, qui a plusieurs entreprises de cabinet de gestion de patrimoine. Bienvenue Alexandre. Merci Emeline. Est-ce que tu peux te présenter ? Merci Emeline, alors du coup je suis Alexandre Coutineau, je gère plusieurs cabinets en gestion de patrimoine. Donc concrètement, je fais partie d'un groupe qui s'appelle le cabinet IGC. Aujourd'hui, on est 8 agences, et parmi ce groupe qui est un groupe de franchisés,

je gère l'agence de Anguain-les-Bains, l'agence de Houille avec mon associé. Et voilà, tout simplement. Bravo. On est là aujourd'hui pour parler du PER, donc le plan d'épargne-retraite, qui va pouvoir nous donner un peu de matière. Donc là, je répète, la question du jour, c'est vraiment est-ce le meilleur moyen de payer le moins d'impôts ? Déjà, pour commencer, c'est quoi le PER ? Alors le PER, le plan d'épargne-retraite, c'est un dispositif qui a été mis en place par l'État, qui permet de capitaliser soi-même sur sa retraite d'une manière individuelle. Donc c'est un peu compliqué dans le sens où c'est un petit peu noyé dans plusieurs dispositifs comme le PERCO, le PERCOL. Donc il y a plein de faux amis, enfin des dispositifs qui sont à la fois société et individuel.

La plupart des gens se mélangent, mais le PER dont tu parles, c'est ce qu'on appelle le PERIN. Donc le PER individuel, c'est uniquement pour qu'un individu capitalise soi-même sur sa retraite et en échange, il va avoir des gains fiscals. D'accord, ok. Donc pourquoi il est aussi, je dirais, mis en avant ? Il est mis en avant par les banques, les assureurs, beaucoup, puisque c'est un produit simple qui devrait s'adapter à n'importe qui, mais sous condition de respecter quand même certaines conditions, on va dire financières, puisqu'il n'est pas fait pour tout le monde, à savoir qu'il y a certaines personnes dans mon entourage ou peut-être même dans le sien qui ont des PER alors qu'ils ne devraient pas forcément en avoir.

Donc en fait, il faut faire attention à ce niveau-là. Les conditions à respecter, je pense que ça va être une de tes questions, mais c'est à minima d'avoir une TMI à 30% et à partir de là, on va pouvoir aller faire un PER parce que ça va être intéressant tout simplement. Ok, très bien. Et donc là, tu as parlé PER, mais tu as parlé PERCO, PERCOL, c'est quoi ça ? PERCO, PERCOL, c'est des PER collectifs. Concrètement, c'est l'entreprise qui va mettre en place un PER en interne pour permettre à ses salariés de cotiser pour leur retraite. Mais ce n'est pas de l'argent que le salarié va toucher en tant qu'individu, c'est de l'argent qui va placer directement sur ses plans, donc PERCO et PERCOL, pour pouvoir capitaliser de la même manière.

Il ne va pas être imposé dessus en fait. L'argent qu'il va mettre dessus sera directement sans imposition puisqu'il ne l'aura pas touché individuellement. Parce que là, on va parler, c'est une niche fiscale, mais il y a aussi le fait de se dire que c'est pour venir en complément à la retraite, si j'ai bien compris, puisque c'est un plan épargné, retraite. Comment ça fonctionne ? Ça veut dire que je mets de l'argent dessus et à la retraite, je vais avoir la retraite où j'ai cotisé toute ma vie pour ça et le PER viendra également en renfort à ce moment-là. Je ne comprends pas très bien comment ça fonctionne. Alors dis-toi que toute ta vie, tu capitalises à travers le PER, donc tu te fais une enveloppe. Pour faire simple, imagine que tu as 200 000 euros plus tard.

Donc tu arrives à la retraite, tu as réussi à capitaliser 200 000 euros. Tu n'as pas placé 200 000 euros, tu as 200 000 euros parce que tu as eu des intérêts. Ton argent fait de l'argent. Les fameux intérêts composés ? Exactement, les intérêts composés du PER. Des fois, il y en a qui ont des intérêts, d'autres peut-être moins. Mais imagine que tu as 200 000 euros. Tu arrives à la retraite, tu as normalement ta retraite. Le PER, c'est ce qui va te permettre de te verser un capital. Tu as le choix, soit tu te verses un capital en rente, soit tu te verses un capital, on va dire librement. Si tu veux récupérer la totalité de ton PER, techniquement tu peux. Si tu veux te le verser en rente, tu peux aussi. Attention quand on fait un PER, il faut aussi bien anticiper la sortie.

C'est-à-dire que ce que tu vas te verser au moment de la retraite, c'est de l'argent qui n'a jamais été imposé. D'accord. Donc il va y avoir une réintégration de revenus et tu vas être imposé. Selon la législation en place à ce moment-là en plus ? Logiquement oui, ça ne devrait pas trop changer. Mais tu vas être globalement imposé par rapport à ta TMI, ta tranche marginale d'imposition. Donc si forcément tu te verses un capital de 100 000 euros à ta retraite, t'imagines que ta TMI va booster. Et donc là, il faut faire attention. Oui mais à ce moment-là, je devrais avoir moins de revenus. Donc je peux potentiellement faire un calcul pour ne pas changer de tranche et m'en verser au fur et à mesure, non ? C'est ça.

C'est exactement ça quand t'es à la retraite. Il faut que tu saches à quelle TMI tu vas être imposé. Et donc en fait, tu vas pouvoir utiliser le PER et donc l'argent que t'as dessus pour pouvoir te verser des rentes plutôt stables en gérant ta TMI. Le but, c'est pas de payer plus d'impôts que ce que t'aurais dû payer à l'époque. Donc en fait, il va falloir aussi envisager la sortie. Mais après, ma vision du PER est un petit peu différente à ce niveau-là. D'une ou deux ? C'est que j'imagine que je veux faire une opération blanche. Si j'ai 10 000 euros par exemple, je suis imposé à hauteur de 30 %, donc je suis censé payer 3 000 euros d'impôts. Et bien je vais imaginer que ces 10 000 euros, je vais les ressortir de mon PER à la retraite

et que je vais aussi payer 3 000 euros d'impôts. C'est une opération blanche. Mais ce qui s'est passé, c'est que ces 3 000 euros de gain, ces 3 000 euros d'impôts, je les ai placés sur un PER pendant 30 ans. On ne fait pas un PER assez rapidement en général. Donc pendant 30 ans, il a été placé sur un PER et du coup, il m'a fait des intérêts. Et quand on connaît la force des intérêts composés, au lieu de passer de l'argent, de payer directement son imposition à l'État, on nous laisse l'opportunité de récupérer cet argent, de l'investir sur un PER et de générer des revenus complémentaires, des intérêts. Donc à l'entrée, on évite de payer 3 000 euros d'impôts, mais à la sortie, on risque de les payer. Par contre, si à la sortie,

il s'avère que t'es retraité, t'as une baisse de revenu et là, t'es mis à 11 %, c'est super intéressant. Parce que mécaniquement, t'as déjà gagné 19 %. Oui, puis de toute façon, ça a généré des petits entre-temps. Donc tu t'es enrichi quand même. Exactement. Mais quand on fait un PER, il faut imaginer qu'on ne va pas forcément gagner sur la fiscalité.

C'est un peu un faux ami. Parce que c'est un peu vendu comme ça, donc marketing en parlant. C'est exactement marketé comme ça. Certains conseillers peut-être omettent ou alors le disent assez rapidement. Mais oui, il y a une réintégration des revenus à la retraite. Et oui, cet argent n'a jamais été imposé parce qu'on a fait une déduction au moment du PER. Et donc, on va payer nos impôts dessus. En espérant que dans 30 ans, les impôts aient baissé. En espérant. On va faire de plans sur la comète. Ce serait pas mal. Alors attends, pour comprendre un peu le fonctionnement. Parce que par exemple, on prend le cas d'une assurance vie. On se dit que c'est une enveloppe et dedans, on peut placer sur diverses choses selon si c'est une gestion libre ou pas.

Comment fonctionne le PER ? Puisque là, on se dit que ça génère des intérêts. Ces intérêts sont sur quelle base ? C'est de l'argent qui est placé. D'ailleurs, cet argent, il est où ? Alors, comment fonctionne le PER ? Tout comme une assurance vie, finalement. C'est ce qu'on appelle une enveloppe fiscale. C'est un outil. C'est un outil qu'on va créer dans lequel on va pouvoir mettre des supports. Donc globalement, on va retrouver des unités de compte. Et tout ce qui va être monétaire, fonds euro. Sur les unités de compte, je pense que tu les connais. En tout cas, certaines tu les connais forcément. Mais dans les grandes familles, c'est ETF, action. On peut retrouver des unités de compte structurées. Donc en fait, que ce soit sur une assurance vie ou un PER,

on va pouvoir mettre les mêmes unités de compte globalement. La seule chose qui va changer entre les deux, c'est les règles du jeu, tout simplement. Un PER, c'est censé être un outil pour préparer sa retraite. Et donc, les retraits sont beaucoup plus difficiles. Ça va être conditionné globalement à de l'achat de la résidence principale, à tout ce qui va être difficulté personnelle. Donc on va retrouver des failles de personnel. On va retrouver du chômage ou des gros événements type maladie. Et dans ces cas-là, on peut retirer l'argent. On n'est pas libre. Le PER, c'est plutôt une enveloppe bloquée. D'accord. Et donc toi, t'es plutôt assurance vie ou PER ? Moi personnellement, pour mes clients. Les deux. Ok. Moi personnellement, j'ai besoin de défiscaliser donc PER.

Mais sur une partie de mon épargne. Le plus gros de mon épargne reste sur une assurance vie. Parce que du coup, je vais faire une gestion libre et je vais choisir mes unités de compte en fonction de mon profil risque. Mais concrètement, mon assurance vie et mon PER, c'est quasiment les mêmes. Donc c'est pas forcément les mêmes unités de compte, mais c'est les mêmes risques et les mêmes types de produits. Donc ce qui va changer, c'est que l'enveloppe à ce niveau-là. Pour mes clients, tout dépend s'ils ont un besoin de défiscalisation ou pas. Un client qui est sur une tranche marginale d'imposition à 11%, il n'a pas de PER. Je vais plutôt opter pour une assurance vie et psychologiquement, il pourra utiliser cette enveloppe

d'une façon libre pour pouvoir préparer sa retraite. Libre à lui d'utiliser son assurance vie pour préparer la retraite. Il n'a pas d'intérêt de défiscaliser 11%, pas à ce niveau-là. C'est trop bloqué en fait. Donc le jour où il est sur une tranche d'imposition de 30%, là, le jeu envoie la chandelle. Donc là, le profil de tes clients qui utilisent le PER, c'est des profils qui ont un certain niveau de vie, un certain niveau de salaire. Mais si tu me dis que cet argent, tu le récupères à la fin et qu'il va être également fiscalisé, s'ils ont un certain niveau de salaire, de toute façon, ils auront normalement un certain niveau de retraite puisqu'ils vont avoir cotisé aussi à cette hauteur-là. Donc est-ce que c'est vraiment intéressant ?

Oui. Parce qu'encore une fois, le PER, c'est un choix très simple. C'est dans la base, si on prend la base de 10 000 € de versements sur un PER qui permet d'avoir une économie de sa TMI à 30% dans cet exemple. Donc 3 000 €, le choix est simple, c'est soit les 3 000 € je les paye et je ne les reverrai plus jamais, soit je les investis dans mon PER et ça va faire des petits pendant x années. Pour moi, la vraie philosophie du PER, ça va être à ce niveau-là. Donc en termes vraiment de rentabilité entre guillemets, si je parle d'objectif de capitaliser soi-même sur sa retraite, peu importe finalement. Il y a des personnes qui veulent capitaliser sur leur retraite en mettant de l'argent sous un matelas, c'est pareil.

Ça ne travaille pas, ça ne défiscalise pas, mais ils veulent constituer un patrimoine financier pour la retraite et donc le PER permet de faire les deux finalement. Ceux qui ont le souhait de capitaliser pour la retraite, PER bien sûr, très bien, parce qu'il y a un gain fiscal et ceux qui veulent défiscaliser, PER, pourquoi pas ? À condition qu'on soit prêt à bloquer l'argent, théoriquement. Oui, c'est bien bloqué. D'accord, et alors j'ouvre un PER, est-ce que c'est un peu comme l'assurance-vie où je vais avoir possiblement de la gestion libre, de la gestion qui peut être plus dynamique selon ce qui m'est proposé ? Comment ça fonctionne, par exemple, si je viens te voir ? Si tu viens me voir, ce sera de la gestion libre,

parce que c'est notre ADN. Après évidemment, tous les PER du marché, la plupart, c'est de la gestion pilotée et déléguée avec un profil de risque. Selon ton profil de risque, tu vas avoir une rentabilité annoncée qui sont tout simplement des rentabilités passées. Et donc, ça va être de la gestion déléguée à des fonds. Est-ce que pour toutes les personnes qui nous écoutent, tu peux expliquer ce que c'est que la gestion libre et libre, déléguée, pilotée ? Je sais qu'il y a des nuances. Bien sûr. La gestion libre, comme son nom l'indique, c'est très libre. On choisit clairement sur quoi on va investir. Donc, on a accès à des unités de compte, que ça soit des unités de compte structurées, des actions, des ETF, ou même des SCI, des CPI,

selon les assurances VU. Et on va choisir sur quoi on investit. La gestion pilotée ou déléguée, on va confier notre assurance VU et le montant global dedans En fait, c'est une ligne. Et ça va être tout simplement des personnes, par exemple Procheat & Co, qui vont gérer les fonds. Et eux, leur objectif, c'est de faire la meilleure performance. Et donc, selon les fonds et notre profil, on aura une meilleure performance ou pas. Et donc, ils vont prendre des fises, quand même ? Bien sûr. Alors là, c'est plus des frais cachés. On adore les frais cachés, déjà. Le fameux frais caché des assurances VU, c'est ça. C'est souvent en gestion déléguée. Parce que si c'est délégué, ça coûte de l'argent. L'argent n'est pas gratuit.

Et donc, on va confier notre argent à, par exemple, un fonds très dynamique. Il faut imaginer que c'est plein d'ingénieurs qui vont placer l'argent, qui vont boursicoter, qui vont forcément aller chercher la meilleure rentabilité. Et ça va être dégrévé. La rentabilité annoncée, en fait, elle est supérieure à ce qu'on pense. C'est juste qu'il y a eu quand même des strates de frais, ce qui est normal, finalement, c'est qu'il y a toujours une part de frais pour un travail accompli. Donc, c'est ça, la gestion pilotée. C'est très bien, en soi. Mais quand on a un CGP ou, on va dire, une appétence sur des produits et une connaissance, on peut très bien se dire non, non, je fais une assurance VU, je mets un ETF. J'ai un client qui a voulu mettre juste un ETF sur l'IA, d'ailleurs,

pour aller chercher sa performance. Il y croyait, c'était sa conviction. Donc, il n'avait pas besoin d'aller faire une gestion pilotée. D'accord, donc, en l'occurrence, je peux te dire, je viens te voir, j'ouvre un PER en gestion libre et ensuite, je mets mes fameux 10 000 euros dessus et je fais ma petite popote interne pour répartir mon capital dedans. Ça va générer des intérêts avec le temps et je pourrais voir à quel moment c'est le plus intéressant dans x années pour le libérer à ma retraite. J'ai une question qui me vient comme ça, c'est que, tu vois, par exemple, je dirais qu'on n'a pas forcément de la certitude en l'avenir, je dirais, sur le système économique français. C'est une question que tout le monde se pose.

Qu'est-ce qui me dit qu'on ne va pas avoir un... Alors, on n'a pas de boule de cristal, un énorme problème où ils vont être obligés, est-ce qu'ils ne peuvent pas venir taper directement dans le PER des gens ? Tu vois, qu'est-ce que t'en penses ? J'ai regardé de loin, il y a eu des projets, il y a eu des rumeurs aussi à ce niveau-là. Je n'ai pas la certitude là tout de suite pour dire qu'ils peuvent le faire. Par contre, de mémoire, ils peuvent quand même geler les assurances-vie. Donc en cas de problème, ils peuvent geler les assurances-vie puisque la plupart des assurances-vie françaises, c'est le placement préféré des Français, sont investis en fonds euro. Je ne connais pas le pourcentage exact mais il y en a beaucoup qui sont en fonds euro.

C'est de la dette française, etc. Donc ils peuvent geler et les placements de l'assurance-vie en PER, je ne sais pas. Ça ne m'étonnerait pas que ça soit possible. Après, ils ne pourront pas se servir. En tout cas, si ça arrive, je pense que c'est une révolution. Ça peut être très compliqué. Donc pour moi, non, ils ne peuvent pas se servir dessus mais geler à un moment donné, peut-être pendant 3, 4, 5, 6 mois, pourquoi pas ? D'accord, très bien, merci. J'ai un petit exemple. L'idée, c'est que les gens arrivent à se projeter un peu et ce n'est pas forcément évident. Donc je vais te lire mon exemple et bien entendu, tu me dis ce que tu en penses puisque peut-être que c'est vrai, peut-être que c'est faux, c'est ton expérience.

Donc imaginons Paul, cadre salarié. Il gagne 70 000 euros par an. Il est dans une tranche marginale d'imposition de 30 %. Tranche marginale d'imposition, la fameuse DMI. Paul décide de verser 10 000 euros sur un PER. Grâce au PER, cette somme est déduite de son revenu imposable. Donc au lieu d'être imposé sur 70 000 euros, il est imposé sur 60 000 euros. Paul économise donc 3 000 euros d'impôts, soit 30 % de 10 000 euros. Autrement dit, Paul verse 10 000 euros, mais l'effort réel après l'économie d'impôts est de 7 000 euros. Ces 10 000 euros sont ensuite investis sur des supports financiers, fonds, actions, ETF, comme tu l'as dit, et peuvent potentiellement fructifier jusqu'à la retraite. La contrepartie, l'argent est bloqué

jusqu'à la retraite, sauf cas exceptionnels, achat de résidence principale, accident de la vie, etc. Exactement. Alors, ce cas est très bon. Une subtilité. 70 000 euros, c'est des revenus net imposables. On peut placer sur le PER 10 % de ses revenus net imposables par an. Donc dans le cas de Paul, c'est 7 000 euros qu'il peut placer. Donc mon exemple, il est faux. Non, non, il est vrai, parce qu'en fait, il peut les placer les 10 000. Je t'expliquerai la condition après, mais c'est juste un peu subtil. Donc, théoriquement, c'est 10 % de ses revenus net imposables. Il peut placer 7 000 euros. Il est libre de pouvoir placer 10 000, s'il le souhaite. Mais en fait, son avantage fiscal sera calculé que sur 7 000. Voilà. Donc il n'y a pas trop d'intérêt

de placer plus sur un PER, finalement. Autant le mettre sur une assurance. Dans le cas où il peut placer plus, c'est qu'il n'a pas utilisé ses plafonds des quatre dernières années. La loi de finance de 2026 a permis d'aller chercher un plafond en plus de mémoire. Donc, imagine tout simplement qu'il pouvait mettre 7 000 euros l'année d'avant et qu'il ne l'a pas fait. Il va pouvoir les récupérer. Et donc, dans ce cas-là, il peut placer 14 000 euros au maximum. Le plafond s'ajuste par rapport au capital non utilisé. Excellent. Et donc pendant combien de temps ? C'est les quatre dernières années ? Les quatre dernières années. Et en fait, dès que tu passes une année de plus, c'est l'année la plus lointaine qui s'efface.

OK. Et donc ça, c'est quelque chose qui est visible sur la vie d'impôt, dernière page. On regarde le plafond PER non utilisé, finalement. Et ce plafond-là, il est cumulable. Donc, concrètement, quelqu'un qui a un gros capital, qui fait une première action d'optimisation d'imposition personnelle, qui n'a jamais utilisé ce plafond-là, théoriquement, si ce plafond, il y a 50 000 euros non utilisés, même s'il gagne 50 000, par exemple, pour faire simple, il pourra placer 50 000 euros sur le PER. Et donc, si l'économie, ça t'émit 30 %, ça fait un gain de 15 000 euros d'impôt. Ce qui reste quand même très intéressant. C'est très puissant. À l'instant T, le PER est très puissant. D'accord. Mais le seul défaut, c'est que c'est bloqué

et qu'il y ait une réintégration des revenus après. Donc le PER, il faut absolument qu'il soit efficace. D'accord. Donc il génère des intérêts. Et toi, tu as un PER ? J'ai un PER, oui. Alors moi, je me suis fait un PER pour travailleurs non salariés, puisque je suis TNS. C'est le même principe. Sauf qu'au lieu de me verser l'argent en physique, je verse l'argent directement sur mon PER. D'accord. Enfin, ma boîte, pardon. Oui. Est-ce que tu peux développer un peu ? Le PER, tu reçois de l'argent. T'es censé à t'imposer. Donc ça, c'est en tant qu'une personne physique qui a un salaire. Oui. D'accord. Donc j'ai mon salaire et je vais pouvoir le dispatcher comme je veux. Et en l'occur, je peux faire un PER pour optimiser mon impôt.

Oui. D'accord. Donc toi, ton salaire, tu le touches, tu le mets sur ton PER. Tu vas dire aux impôts que t'as placé 10 000 euros sur le PER et tu aurais une déduction. C'est comme si ces 10 000 euros, tu ne les avais jamais touché. Donc tu n'es pas imposé. Voilà pourquoi il serait intègre à la retraite. Quand t'es TNS, tu peux faire la même chose. Te verser de l'argent et placer sur un PER comme un salarié classique. Mais c'est une étape qui ne sert pas à grand chose. Donc en tant que TNS, tu peux, avec ta société, verser directement 10 000 euros sur ton PER. C'est un PER individuel, TNS, pour faire simple. Donc tu viens optimiser potentiellement les charges que tu vas avoir puisqu'au lieu de faire TNS à toi et toi au PER,

tu fais TNS au PER. C'est ça ? T'optimises beaucoup de temps, finalement. C'est plus du temps que de l'argent parce que concrètement, si tu donnes 10 000 euros en tant que TNS, tu paieras quand même tes charges salariales. Oui. C'est une rémunération. D'accord. Donc c'est juste que tu enlèves une étape. Ça t'évite de te le verser à toi pour ensuite le mettre sur le PER. C'est ta boîte qui le met directement sur le PER. Donc ça, c'est très intéressant. Il y a un avantage fiscal complémentaire ou c'est juste du temps ? Alors ça, c'est du temps pour un certain niveau. Et ceux qui dépassent les plafonds de 10 %, en tant que TNS, ils ont un petit bonus en plus. Donc on va pouvoir aller avoir un supplément qui n'est vraiment pas négligeable

de mémoire. Je ne l'ai plus en tête. Mais concrètement, ça qu'il faut retenir, c'est que le TNS va pouvoir défiscaliser beaucoup plus qu'un particulier salarié classique. L'idée derrière, parce qu'il faut toujours comprendre quelle est l'idée de l'État, pourquoi il permet ça, c'est parce qu'un TNS, il cotise beaucoup moins qu'un salarié classique. Donc on lui laisse cette chance pour pouvoir cotiser davantage. D'accord. C'est le bonus. Le bonus, mais en même temps, à la base, c'est un... C'est exactement ça. C'est un bonus en compensation de davantage qu'il n'a pas. Ok, je comprends. Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais rajouter sur le PER ? Globalement, si vous avez une tranche d'imposition,

une TMI au-delà de 30 %, le PER est indispensable parce que vous faites partie de ceux qui payent des impôts. 30 % inclus ? 30 % inclus, bien sûr. Quand c'est en dessous, il y a d'autres solutions. Mais le PER n'est pas nécessaire. Vous pouvez quand même le faire, clairement.

Mais il faut bien vérifier quand même la stratégie à long terme. Très bien. On vous mettra de toute façon les coordonnées d'Alexandre pour que vous puissiez le contacter à ces sujets. Merci beaucoup. Avec plaisir. On a pas mal de réponses. Donc si vous avez une tranche marginale d'imposition de 30 % et plus, n'hésitez pas à le contacter. Merci à tous et on se retrouve pour un nouvel épisode. Si cet épisode t'a été utile, aide-nous à le faire connaître. Partage-le, abonne-toi et rejoins la communauté sur les réseaux. On se retrouve dans le prochain épisode d'Out of the Box. À bientôt !

L'invité de cet épisode

Alexandre Coutinho

Expert en gestion de patrimoine

Alexandre Coutinho est conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en optimisation fiscale et stratégies patrimoniales pour les investisseurs.

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