Investissement alternatif

François Mattens, Défense Angels : investir dans la défense quand on est particulier

Par Emeline Siron 5 octobre 2026 14 min de lecture

Tape « investir dans l'armement » et tu tomberas sur des listes d'actions Thales, Dassault ou Rheinmetall. François Mattens, lui, commence par une phrase qui désarçonne : « l'armement, ça ne veut rien dire ». Cofondateur de Défense Angels, le premier réseau de business angels dédié à la défense et à la sécurité, il finance depuis plusieurs années des start-up qui sortent des labos du CEA ou du CNES. Son parcours, sa méthode, les chiffres qu'il donne au micro d'Out of the Box : voici comment un particulier peut réellement s'exposer à ce secteur, et ce que ça implique.

Qui est François Mattens ?

François Mattens est le cofondateur de Défense Angels, un réseau de business angels qui investit au capital de jeunes entreprises de la défense, de la sécurité et des technologies souveraines. Il le présente lui-même comme « le premier réseau d'investisseurs dédié au monde de la défense et de la sécurité ».

Son parcours, il le résume en trois temps au début de l'épisode. D'abord un peu moins de dix ans dans l'administration française, dans différents ministères régaliens. Ensuite huit ans au GICAT, le groupement des industriels français de la défense et de la sécurité terrestres, où il a dirigé les affaires publiques puis l'innovation. C'est là qu'il a cofondé un accélérateur de start-up dédié à la défense, baptisé Generate.

Depuis quatre ans, il mène deux vies en parallèle : directeur des affaires publiques d'une start-up qui fait de l'intelligence artificielle, notamment au profit de la défense, et cofondateur de Défense Angels. Il donne aussi des cours sur l'industrie de défense à des étudiants dont beaucoup rejoindront le ministère des Armées ou la haute fonction publique. Emeline le dit en riant à l'ouverture : il a « une vie à 300 à l'heure ».

Défense Angels : l'histoire d'un réseau né d'un manque

L'idée de Défense Angels naît en 2020. Les industriels de la BITD, la base industrielle et technologique de défense, font le même constat que les élus : les jeunes entreprises du secteur peinent à trouver des financeurs, banques comme fonds. Un rapport de la commission Défense de l'Assemblée nationale le souligne début 2021.

François Mattens s'associe alors à Guy Gourevitch, qui connaît bien le monde des business angels. Le réseau est officiellement lancé le 16 février 2022 à l'Agence de l'innovation de défense, et s'est depuis étendu à l'Europe avec un réseau européen, DAEN. Sur son site, Défense Angels revendique 130 investisseurs membres, plus de 1 000 dossiers reçus et 28 start-up financées.

Au micro, François parle d'« une centaine d'investisseurs » et d'un peu plus d'une douzaine d'investissements réalisés par le réseau lui-même. Les deux ne se contredisent pas : le réseau compte aussi les tours où ses membres ont investi aux côtés d'autres.

« L'armement, ça ne veut rien dire » : ce qu'on finance vraiment

C'est la première idée qu'il démonte. Quand on dit armement, chacun pense aux séries télé et aux films de Hollywood, donc à des armes. Dans la réalité de ce que finance Défense Angels, c'est très différent. Le réseau assume le mot défense dans son nom, mais ne s'est mis volontairement « aucune restriction » sur le type de technologie.

Le létal, c'est-à-dire l'armement au sens strict, pèse selon lui moins de 5 % du deal flow financé. « Il existe, mais il est très minoritaire. » Les 95 % restants, c'est tout ce qu'il y a derrière : la planification, la préparation, la fabrication.

  • Côté logiciel : intelligence artificielle, cybersécurité, logiciels de commandement (le « C2 », command and control, qui aide à planifier les opérations), outils de renseignement.
  • Côté matériel : nanosatellites, drones qui volent, qui roulent ou qui vont sous l'eau.
  • Et, à la marge, le létal : moins d'un dossier financé sur vingt.
« 90 %, 95 %, c'est tout ce qu'il y a derrière sur la planification, la préparation, la fabrication. »

Qui sont les business angels de la défense ?

Le profil type d'un membre, selon François : quelqu'un d'environ 45 ans, qui a souvent un lien avec le secteur. D'anciens militaires, quelques-uns, mais surtout des gens qui ont fait leur service militaire ou croisé le sujet à un moment de leur carrière.

Et puis il y a ceux qui n'avaient aucune appétence au départ. Un quart à un tiers des membres, estime-t-il, sont arrivés avec « l'effet Ukraine ». Des gens qui se sont dit qu'ils voulaient contribuer à la défense de leur pays et de l'Europe, sans faire la réserve ni l'IHEDN, sans « se rouler dans la boue ». Leur question est simple : est-ce que mon patrimoine, l'argent que j'ai de côté, peut y contribuer ? Tout en gagnant un peu d'argent, puisque ça reste un investissement.

Le réseau fonctionne beaucoup par cooptation. Il pose des restrictions sur certaines nationalités extra-européennes, parce que le secteur touche à la confidentialité et à la souveraineté, mais François précise qu'en cinq ans, une seule personne a été refusée pour cette raison. Le vrai critère, c'est de venir « pour les bonnes raisons ».

Investir 10 000 euros dans une start-up de défense : le parcours concret

Emeline lui pose la question que se pose tout le monde : j'ai 10 000 euros, je fais quoi ? Sa réponse commence par un conseil qui n'a rien de financier : se former d'abord, et se demander si l'on vient dans ce secteur pour les bonnes raisons.

Voici le circuit tel qu'il le décrit :

  • La formation, recommandée mais pas obligatoire : dix semaines en ligne pour comprendre ce qu'est la défense et comment elle fonctionne, pour quelques centaines d'euros.
  • L'adhésion au club : une cotisation de 500 euros par an, qui donne accès à tout le deal flow et à la formation. Un ticket d'entrée volontairement bas : « on ne voulait pas que le ticket d'entrée pour accéder à ça soit un repoussoir ».
  • Les sessions de pitch : quatre à cinq entreprises présentées chaque mois, en visio ou en présentiel, devant 10 à 30 business angels.
  • L'instruction : deux business angels aguerris, les « instructeurs », ouvrent le capot pendant un à deux mois. Analyse technique, financière, et enquête sur qui se cache derrière.
  • La plénière : les instructeurs reviennent devant tous les membres et recommandent d'y aller, ou pas, arguments à l'appui.
  • La décision individuelle : chaque business angel choisit, à titre personnel, d'investir ou non, et pour combien.

Quelles entreprises ? Du pré-amorçage, à la sortie des labos

Les entreprises qui passent devant Défense Angels sont très jeunes : entre six mois et deux ans d'existence. Elles sortent de laboratoires du CEA, du CNRS ou du CNES, ou sont créées par des ingénieurs qui ont quitté un grand groupe avec une belle technologie sous le bras.

Elles cherchent à lever entre 500 000 et 2 millions d'euros. C'est ce qu'on appelle le pré-amorçage, le tout début de la vie d'une entreprise, là où le risque est le plus élevé et où l'entrée au capital se fait à une valorisation basse.

Au total, le réseau reçoit autour de 300 dossiers par an, en sélectionne une cinquantaine pour les présenter, et investit dans six ou sept. Un écrémage sévère que François assume : c'est la crédibilité du réseau qui est en jeu.

En direct, en SPV ou via la société d'investissement : trois façons d'entrer

Le premier étage de ce qu'il appelle « la fusée », c'est l'investissement en direct. Le réseau fait le travail de sourcing, de sélection et de vérification, mais l'argent reste celui de chaque membre, investi à titre individuel. François estime que 90 % du temps, les business angels entrent en direct au capital.

Parfois, parce que beaucoup de membres veulent y aller ou parce que le fondateur le demande, le réseau crée un SPV, une petite société qui regroupe tous les investisseurs. Le dirigeant n'a alors qu'un interlocuteur au lieu de quinze, et les membres élisent celui qui les représente au board.

Le second étage, c'est une société d'investissement de business angels (SIBA). Là, on confie plutôt un ticket de 50 000 à 100 000 euros à un pot commun, et c'est l'équipe qui investit dans des entreprises, en général par tickets de 250 000 à 500 000 euros.

François a une préférence claire pour le direct, et il explique pourquoi avec son propre exemple. Il a investi en direct dans une start-up d'aéronautique qui conçoit des avions du futur. Chaque mois, il reçoit le point d'avancement, et la dirigeante y glisse sa « liste de courses » : connaissez-vous quelqu'un dans tel fonds, chez Airbus ? Un business angel qui connaît le secteur, ça ouvre des portes. Noyé dans un SPV, on s'engage beaucoup moins.

Co-investissement : 1 euro investi, 7 euros levés

Défense Angels n'investit presque jamais seul. Le réseau co-investit avec d'autres clubs de business angels, notamment ceux des grandes écoles, et avec des fonds d'amorçage qui ne connaissent pas la défense mais qui se disent : si Défense Angels y va, c'est qu'il y a peut-être quelque chose à faire.

Le chiffre qu'il avance : un effet d'entraînement de 1 à 7. Pour un euro investi par les business angels du réseau, l'entreprise lève en général sept euros au total.

Il raconte aussi une petite victoire qui dit beaucoup de la place prise par le réseau. Des fondateurs viennent désormais le voir en disant, en substance : on n'a pas besoin de votre argent, mais on aimerait que vous soyez dans le tour, parce que votre présence rassure nos autres investisseurs. « Là où tu prenais des cailloux avant », résume Emeline. « Maintenant, on est hyper sexy », répond-il.

Alta Ares et l'homme de paille : deux histoires qui résument le secteur

Pour montrer que la défense ne se résume pas à des fusils, François donne deux exemples, un succès et une histoire d'espionnage économique.

Le succès, c'est Alta Ares, une entreprise française de lutte anti-drone, qui aide notamment l'Ukraine à abattre les drones qui frappent sa population. Les business angels de Défense Angels ont été parmi les tout premiers investisseurs, sur une valorisation de quelques millions d'euros. L'entreprise a annoncé en juin 2026 une levée de 50 millions d'euros en série A, moins de deux ans plus tard. « Clairement, c'est de la défense des populations, au sens strict du terme. »

L'autre histoire est moins glorieuse, et plus instructive. Une start-up vient pitcher. Plusieurs membres ne « sentent » pas les porteurs de projet. Le réseau enquête et découvre que derrière la façade française, l'entreprise est tenue par des investisseurs extra-européens, d'anciens membres des services de renseignement de leur pays, qui avaient envoyé un homme de paille. L'objectif supposé : prendre pied dans la BITD française, nouer des partenariats industriels, et capter de l'information stratégique.

La leçon qu'il en tire est humble : « tout le monde peut se faire avoir ». D'où la vigilance particulière sur l'identité des investisseurs derrière chaque dossier. Pour une investisseuse, c'est aussi un argument pour ne pas aller seule sur ce marché.

Rendement, sorties et risques : ce qu'il faut savoir avant de signer

Sur les sorties, François ne vend pas de rêve. Le retour sur investissement, dans la défense, ne se va pas chercher au même rythme que dans le logiciel ou le SaaS. Il estime l'horizon de sortie à 4 ou 5 ans en moyenne. Les premiers investissements du réseau datant de trois ans et demi à quatre ans, il attend les premières sorties vers 2027.

La contrepartie, c'est la taille des contrats. Signer dans la défense est long et difficile. Mais quand une start-up y parvient au bout de trois ou quatre ans, son premier contrat se compte en dizaines de millions d'euros, et il l'engage pour longtemps. Emeline fait le parallèle avec le matériel de santé, et il valide : la pharma, le biomédical, mêmes temporalités longues.

Côté pertes, il reste prudent : pour l'instant, aucune entreprise du portefeuille n'a fait faillite, même si certaines « ne sont pas passées loin ». Il s'attend à ce que deux, trois ou quatre des douze à quinze participations ne survivent pas. Emeline rappelle de son côté que dans le non-coté, perdre sa mise sur une partie des lignes fait partie du jeu. Ce n'est pas pour tout le monde, et ça ne doit concerner qu'une petite part d'un patrimoine.

Une fois le chèque signé, le réseau se met en retrait : c'est à chaque business angel de suivre la gouvernance avec l'entreprise. Certains dirigeants associent leurs investisseurs, d'autres disparaissent une fois le ticket encaissé. François le vit lui-même dans les deux sens.

L'IA, « game changer complet » du champ de bataille

Sur l'intelligence artificielle, il ne fait pas dans la nuance : c'est « un game changer complet ». Les guerres ont toujours été des terrains d'expérimentation, l'Ukraine et le Moyen-Orient ne font pas exception, et elles tombent au moment où des technologies comme les grands modèles de langage ou la vision par ordinateur arrivent à maturité.

Son exemple est parlant. Un avion de chasse qui rentre d'une mission de reconnaissance d'une heure ramène plusieurs centaines de gigaoctets de données. Impossible de mettre 2 000 analystes sur les images avant la mission du lendemain. Il faut une IA pour dire ce qu'il y a dans ces images, ou pour croiser des millions de documents au moment de préparer une opération. Selon lui, l'IA touche aujourd'hui 80 à 90 % du champ de bataille, de la préparation à la conduite des opérations jusqu'au retour d'expérience.

Va-t-on vers des guerres de robots ? Le champ de bataille se robotise, oui, et il y voit un progrès : mieux vaut un robot qui explose qu'un homme qui meurt. Mais il insiste sur la doctrine française : l'humain reste dans la boucle. En France, une arme ne prend jamais seule la décision finale de tirer. D'autres pays, dit-il, ne se posent plus la question. Et il ajoute un front que beaucoup oublient, la guerre cognitive : cyberattaques et désinformation pour déstabiliser un pays sans tirer un coup de feu.

Drones, cyber, vision par ordinateur : quelles technologies vont créer de la valeur ?

Emeline lui demande quelles technologies vont créer le plus de valeur dans les dix prochaines années. Il botte d'abord en touche avec humour, puis répond que tout ce qu'elle cite, IA, drones, spatial, cyber, vision par ordinateur, « c'est même pas du futur, c'est déjà de la réalité ».

Sur la cybersécurité, il est direct : la France n'est pas forcément bien préparée, donc il faut investir là-dedans. Sur la vision par ordinateur, la branche de l'IA qui analyse des flux vidéo, il donne des usages très concrets, bien au-delà du militaire : alerter un opérateur de vidéosurveillance seulement quand un groupe se forme et bouge brusquement, repérer un bagage abandonné, un départ d'incendie, fluidifier le trafic, ou détecter une noyade dans une piscine. « Ça sauve des vies. »

C'est un point à retenir pour une investisseuse : beaucoup de technologies financées par la défense sont duales, c'est-à-dire qu'elles servent aussi dans le civil. C'est souvent là que se joue une partie de leur valeur.

Investir dans la défense en bourse : les ETF américains et européens

Tout le monde n'a pas envie de devenir business angel. Pour ceux qui préfèrent la bourse, François distingue deux grandes familles d'ETF défense, sans recommander de produit précis.

  • Les ETF défense américains : les 20 à 40 plus grandes entreprises de défense des États-Unis, avec « les suspects habituels » comme Lockheed Martin, Northrop Grumman, RTX ou Palantir. Il rappelle l'ordre de grandeur : un budget de défense américain d'environ 1 000 milliards de dollars, contre une soixantaine de milliards pour la France, et une demande de 1 500 milliards formulée par Donald Trump pour l'année suivante.
  • Les ETF défense européens : Thales, Safran, Airbus, l'allemand Rheinmetall, le suédois Saab, l'italien Leonardo. Des entreprises qui profitent de la hausse des budgets européens et du conflit en Ukraine. « Tu mises sur le réarmement de l'Europe », résume Emeline.
« Tu ne peux pas être diplomate si tu n'as pas, à un moment, la capacité à avoir la coercition. »

Réarmement : pourquoi il assume le mot

Emeline relève qu'il emploie le mot réarmement, et pas défense. Il l'assume : dans ce secteur, les mots ont une importance. Son raisonnement remonte à de Gaulle et à la dissuasion nucléaire. Si la France reste audible sur la scène internationale, c'est en partie parce qu'on la respecte, et on la respecte parce qu'elle peut faire mal.

Un pays sans armée respectée n'a pas de diplomatie respectée, explique-t-il. Le réarmement, dans sa bouche, c'est l'idée que celui qui attaque gagnera peut-être, mais qu'il souffrira tellement que l'attaque ne vaudra pas le coup. C'est cette logique qui alimente aujourd'hui les budgets, et donc les carnets de commandes des entreprises du secteur.

50 000 euros : plusieurs petits tickets ou un seul gros ?

Dernier cas pratique posé par Emeline : avec 50 000 euros, vaut-il mieux cinq tickets de 10 000 euros dans des petites entreprises, ou un seul ticket ?

Sa réponse tient en deux options. Si tu divises, fais-le pour de vrai : « un peu de drone, un peu de cyber, un peu d'IA », pas cinq entreprises de drones, sauf conviction très forte. Et garde en tête que tes frais d'entrée sont multipliés par cinq. C'est la base de l'investissement, rappelle-t-il : la diversification.

Si tu crois vraiment à une entreprise, un ticket de 50 000 euros a plus de sens sur une société qui a déjà passé « la première vallée de la mort », la période où beaucoup de jeunes entreprises disparaissent faute de financement. Le risque demeure, mais il juge le secteur moins volatil que d'autres, parce qu'il est très régulé.

Un secteur régulé : l'État client, l'export sous autorisation

C'est sans doute la partie la plus méconnue pour qui ne vient pas du secteur. En France, l'État est historiquement le premier client des entreprises de défense, avec des normes et des critères de souveraineté à respecter.

Et l'export obéit à un principe surprenant : la vente d'armement est interdite, sauf dérogation. Une entreprise qui veut exporter sa technologie doit déposer un dossier, examiné par une commission placée auprès du SGDSN, le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, qui se réunit plusieurs fois par an. L'autorisation peut être totale, partielle, assortie d'une interdiction de réexportation, ou refusée.

Son image pour faire comprendre : vendre une solution de cyber à la Corée du Nord, ça risque d'être compliqué ; vendre des essuie-glaces de véhicule à la Belgique, pas trop de sujet. Entre les deux, une zone orange, où c'est oui avec restrictions. Une contrainte forte, mais aussi une sécurité : une fois le tampon obtenu, ministère des Armées, ambassades et douanes sont censés aider l'entreprise à exporter.

Son message aux investisseuses

C'est le passage qui a fait sourire Emeline. François sait que l'audience d'Out of the Box compte beaucoup de femmes, et il fait passer un message : l'investissement est un monde plutôt masculin, et celui de la défense l'est encore plus.

Or, observe-t-il, les femmes qui rejoignent le réseau arrivent souvent avec un regard neuf. Elles posent des questions décalées, souvent très intelligentes, que les autres n'avaient pas vues à force de poser toujours les mêmes. Il conclut sans détour : toutes les femmes qui veulent investir dans la défense sont les bienvenues. Emeline, elle, dit qu'elle « prend la perche ».

Pour aller plus loin, tout le détail des chiffres, les anecdotes et la partie ETF sont dans l'épisode d'Out of the Box avec François Mattens. Et si tu veux d'abord poser des bases solides avant d'aller sur du non-coté, commence par diversifier avec des actifs que tu comprends, l'immobilier locatif en tête.

Les questions qu'on se pose le plus

Qui est François Mattens ?

Le cofondateur de Défense Angels, premier réseau de business angels dédié à la défense et à la sécurité. Après près de dix ans dans l'administration et huit ans au GICAT, où il a dirigé les affaires publiques puis l'innovation et cofondé l'accélérateur Generate, il dirige aussi les affaires publiques d'une start-up d'intelligence artificielle.

Qu'est-ce que Défense Angels ?

Un réseau de business angels qui investit au capital de jeunes entreprises de la défense, de la sécurité et des technologies souveraines. Cofondé par Guy Gourevitch et François Mattens, il a été lancé officiellement le 16 février 2022 à l'Agence de l'innovation de défense.

Combien faut-il pour devenir business angel chez Défense Angels ?

Selon François Mattens, la cotisation est de 500 euros par an. Chaque membre décide ensuite librement d'investir dans les entreprises présentées, par exemple avec un ticket de 10 000 euros. Une formation en ligne de dix semaines, à quelques centaines d'euros, est recommandée avant le premier investissement.

Investir dans l'armement, est-ce investir dans des armes ?

Rarement. Chez Défense Angels, le létal représente moins de 5 % de ce qui est financé. L'essentiel concerne le logiciel (IA, cyber, commandement, renseignement) et le matériel non létal (drones, nanosatellites).

Quel est l'horizon de sortie d'un investissement dans une start-up de défense ?

Quatre à cinq ans en moyenne selon François Mattens, plus long que dans le logiciel. Le capital est bloqué pendant cette période et peut être perdu.

Quels sont les ETF défense ?

Deux familles : les ETF défense américains (Lockheed Martin, Northrop Grumman, RTX, Palantir) et les ETF défense européens (Thales, Safran, Airbus, Rheinmetall, Saab, Leonardo), qui misent sur le réarmement de l'Europe.

Peut-on vendre librement une technologie de défense à l'étranger ?

Non. En France, l'exportation de matériel de guerre est interdite sauf autorisation. Le dossier est examiné par une commission placée auprès du SGDSN, qui peut autoriser, restreindre ou refuser la vente selon le pays et la technologie.

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